Madame, Monsieur, Le conseil d’administration de Niños de la Tierra asbl a l’honneur et le plaisir de vous inviter à sa 39e Assemblée générale qui aura lieu à la Boutique du Monde (« Gréngt Haus ») 42, route de Mondorf, Bettembourg le mardi, 21 avril 2026 à 20.00 heures avec l’ordre du jour suivant :
1. Allocution de bienvenue du président
2. Approbation du procès-verbal de l’assemblée générale 2025
3. Rapport d’activité pour l’exercice 2025
4. Rapport de caisse pour l’exercice 2025
5. Rapport des réviseurs de caisse
6. Approbation des rapports et décharge du trésorier
7. Désignation des réviseurs de caisse
8. Fixation de la cotisation
9. Élection du conseil d’administration: 7 membres du CA sont démissionnaires et rééligibles,
10. Projets actuels et futurs
11. Compte-rendu d’un voyage de projets en Bolivie et au Chili
Ont droit de vote les membres ayant payé leur cotisation annuelle de 10 € avant l’AG.
Un pot de l’amitié sera offert.
Marco Hoffmann, président Marianne Schummer secrétaire
Marco Hoffmann, président Marianne Schummer secrétaire
« Améliorer l’accès à l’éducation intégrale des jeunes et à la formation communautaire et productive dans les communautés de Tuscapujio (Municipalité de Sacaba) »
par Sonia Camacho Rojas Sacaba/Bolivia 2025
Résumé exécutif.
La présente évaluation externe finale concerne le projet « Améliorer l’accès à l’éducation intégrale des jeunes et à la formation communautaire et productive dans les communautés de Tuscapujio (Municipalité de Sacaba) », mis en œuvre par l’Association ANAWIN entre juin 2022 et juin 2025, avec le financement de NITI – Enfants de la Terre (Luxembourg).
L’intervention s’est déroulée dans la communauté rurale de Tuscapujio, district de Lava Lava, municipalité de Sacaba, département de Cochabamba (Bolivie), bénéficiant directement à 2 407 personnes — élèves, enseignants et parents d’élèves — et indirectement à 4 792 habitants de la communauté.
Le projet visait à créer de meilleures opportunités économiques, sociales et humaines grâce à l’accès à une éducation intégrale, en articulant des actions autour de cinq composantes :
Infrastructures éducatives et équipement pédagogique (construction de sept salles de classe, d’un Centre de Ressources pour l’Appui Pédagogique – CRAP et d’une salle sensorielle).
Renforcement des capacités des enseignants et développement d’outils pédagogiques innovants.
Mise en œuvre du Baccalauréat Technique Humaniste (BTH), spécialité Technicien Agricole.
Formation technique et certification des compétences professionnelles (SPCC) pour les jeunes et les adultes.
potagers familiaux et scolaires, ateliers de cohabitation et formation citoyenne.
Objet et méthodologie de l’évaluation.
L’évaluation, de nature finale, externe et indépendante, avait pour but d’analyser la pertinence, cohérence, efficacité, efficience, impact et durabilité du projet, d’identifier les bonnes pratiques et de formuler des recommandations pour de futures interventions.
Une approche qualitative et participative a été adoptée, conformément aux critères du CAD-OCDE (2021), à travers trois phases :
Analyse documentaire.
Travail de terrain.
Analyse et systématisation.
Huit groupes de discussion ont été réalisés, des visites d’infrastructures et des entretiens avec enseignants, parents et élèves, ainsi qu’une analyse des rapports annuels, permettant une évaluation complète fondée sur des preuves concrètes.
Principaux résultats selon les critères de l’OCDE
Critère d’évaluation
Note (1–5)
Synthèse des résultats
Pertinence
4,76
Le projet a répondu aux besoins prioritaires de la communauté (infrastructures éducatives, formation technique, sécurité alimentaire). Il est aligné sur les politiques nationales et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Cohérence
4,93
Forte cohérence interne entre objectifs, résultats et activités, et cohérence externe avec l’Agenda Patriotique 2025, le PTDI
Sacaba 2021–2025 et les expériences antérieures d’ANAWIN.
Efficacité
4,70
La plupart des objectifs ont été atteints ou dépassés : construction de 7 salles de classe, 1 CRAP et 1 salle sensorielle ; 6 outils pédagogiques créés ; 106 personnes certifiées par le SPCC (objectif initial : 40) ; 146 potagers familiaux et 5 scolaires installés ; et taux de décrochage scolaire réduit à 0 % la dernière année.
Efficience
4,56
Bonne optimisation des ressources humaines, techniques et matérielles ; respect du calendrier et forte participation communautaire. Quelques difficultés dans la coordination horaire des ateliers.
Impact
4,76
Augmentation de la scolarisation (de 806 à 1 414 élèves), génération de revenus familiaux, autonomisation des femmes et des jeunes, renforcement de la cohésion sociale et adoption de pratiques agroécologiques durables.
Durabilité
4,43
Forte appropriation communautaire et capacité installée : les application par les enseignants appliques de méthodologies innovantes, continuation par 12 jeunes éducateurs du soutien scolaire, potagers toujours actifs et reproduction par les familles des pratiques productives.
Principaux impacts observés.
Éducatifs : amélioration des infrastructures, de la qualité de l’enseignement, des compétences des enseignants et élimination totale du décrochage scolaire. Mise en œuvre du BTH (carrière technique) chez les diplômés bacheliers.
Économiques : génération de revenus via les potagers familiaux et la certification professionnelle dans des métiers à forte demande locale.
Sociaux : renforcement de la cohésion communautaire grâce à des ateliers sur les droits humains, le genre et la coexistence pacifique.
Environnementaux : introduction de pratiques agroécologiques et d’une gestion efficace de l’eau, sensibilisation écologique auprès des élèves et familles.
Égalité de genre : forte participation des femmes dans les activités productives et éducatives, consolidation de leur rôle économique et social.
Leçons apprises.
L’évaluation externe du projet (2022–2025) a permis d’identifier des apprentissages essentiels justifiant une seconde phase d’intervention à Tuscapujio :
L’articulation entre éducation, formation technique et développement communautaire s’avère être une stratégie efficace pour générer des changements durables. Le renforcement simultané des infrastructures, de la formation pédagogique et de l’éducation productive a démontré que l’éducation peut être un levier du développement local.
La participation communautaire depuis la conception jusqu’à l’exécution garantit la durabilité et l’appropriation.
La formation technique et la certification des compétences professionnelles ouvrent des perspectives concrètes d’emploi et d’auto-emploi, notamment pour les femmes et les jeunes.
La durabilité des potagers dépend de la technification, de l’entretien et de l’échange de savoirs : il faut renforcer la gestion communautaire et la formation agroécologique à long terme.
L’accompagnement psycho-pédagogique et le leadership des jeunes sont essentiels au bien-être éducatif ; leur institutionnalisation assurerait un impact durable sur la communauté éducative.
Conclusions principales.
L’évaluation externe conclut que le projet exécuté entre 2022 et 2025 a été hautement pertinent, efficace et transformateur, générant des résultats tangibles en matière d’éducation, d’égalité des sexes, de production durable et de cohésion sociale. Cependant, les progrès réalisés ouvrent de nouveaux défis qui justifient la poursuite et l’élargissement de l’intervention à travers un nouveau cycle de coopération.
La communauté de Tuscapujio passe désormais de l’amélioration des conditions de base à la consolidation d’un modèle éducatif-productif intégré, où les espaces pédagogiques, les baccalauréats techniques et les potagers familiaux deviennent des centres permanents d’apprentissage, de production et de vie communautaire.
Le nouveau projet, intitulé « Apprendre, grandir et entreprendre », représente la continuité naturelle et stratégique du processus engagé. Il vise à :
Finaliser et équiper les espaces pédagogiques en attente.
Consolider la formation technique agricole et intégrer de nouvelles spécialités comme l’esthétique intégrale (Belleza Integral).
Institutionnaliser les services psycho-pédagogiques et le leadership étudiant.
Renforcer les potagers familiaux et scolaires comme espaces productifs durables.
Promouvoir la certification technique avec une approche entrepreneuriale et solidaire.
Ainsi, le nouveau cycle (2026–2029) permettra de passer d’une phase de renforcement institutionnel à une phase de consolidation et d’autonomie communautaire, positionnant Tuscapujio comme modèle de développement local éducatif et productif.
Recommandations stratégiques.
Consolider les espaces pédagogiques et psycho-pédagogiques créés, en terminant les travaux et en les dotant de ressources modernes.
Poursuivre la formation des enseignants et l’innovation pédagogique, en renforçant le rôle du CRAP comme centre d’appui technique local.
Diversifier l’enseignement technique en élargissant les spécialités du BTH vers des domaines à forte demande locale (l’esthétique intégrale, Services communautaires).
Renforcer la durabilité productive des potagers scolaires et familiaux par la technification de l’irrigation, la formation en agroécologie et la liaison avec les marchés locaux.
Institutionnaliser l’accompagnement psycho-pédagogique et le leadership des jeunes comme services permanents d’appui éducatif et émotionnel.
Promouvoir l’entrepreneuriat communautaire et l’économie solidaire, en accompagnant les processus de certification par des formations en gestion de microentreprises et commercialisation.
Renforcer la coordination avec les acteurs publics et sociaux, notamment la municipalité de Sacaba et la direction éducative, pour garantir la durabilité institutionnelle.
Répliquer le modèle de Tuscapujio dans les communautés voisines, en utilisant les apprentissages et méthodologies développés comme base d’une stratégie de développement territorial intégral.
Réflexions sur les résultats et les défis à court terme
Par ANAWIN notre partenaire à Cochabamba, octobre 2025
Le 19 octobre 2025 marquera un tournant dans la vie politique bolivienne. Au second tour de la présidentielle, Rodrigo Paz Pereira, candidat du Parti démocrate-chrétien (PDC), a battu Jorge « Tuto » Quiroga avec une marge de près de 9,5 %, selon les premiers décomptes de l’Organisme électoral plurinational. Ce résultat met fin à près de deux décennies d’hégémonie du Mouvement vers le socialisme (MAS) et ouvre une nouvelle ère politique, porteuse d’espoirs et de défis à court et moyen terme.
Élections boliviennes de 2025 : Proportion de votes obtenus par parti politique aux élections générales
Note : Données préliminaires à 97,86 % issues du Système de transmission et de publication des résultats préliminaires (SIREPRE). Consulté le 20 octobre 2025 à 11 h 45. Disponible à l’adresse : https://sirepre.oep.org.bo/national/
Le déroulement du second tour peut être interprété de deux manières : d’une part, il y a un rejet explicite du cycle politique précédent, matérialisé par la chute spectaculaire du MAS ; d’autre part, la victoire de Paz ne traduit pas nécessairement un glissement vers l’extrême droite, mais plutôt le triomphe d’une candidature qui a su allier des propositions économiques plus pragmatiques à un discours d’engagement social. De nombreux électeurs ruraux et urbains, lassés par la crise économique (inflation, pénuries et perte du pouvoir d’achat des Boliviens), ont cherché une alternative promettant un ordre budgétaire sans démanteler les programmes sociaux ; c’est dans ce contexte qu’est né le discours du « capitalisme pour tous » qui a accompagné la campagne de Paz.
La victoire du PDC au second tour renforce l’idée que les citoyens souhaitaient des propositions combinant redistribution et protection sociale, avec des solutions moins alignées sur les recommandations traditionnelles du Fonds monétaire international (FMI) face à la crise économique. Parallèlement, l’élection a confirmé la préférence pour les candidats capables d’interpréter la demande de protection sociale et de proximité avec la population. De nombreux discours et interventions publiques durant la campagne ont souligné que Paz était « plus proche du peuple ». Son style rhétorique faisait appel aux identités locales, formulait des promesses concrètes pour les régions touchées par la crise et communiquait avec un style évitant les formalités administratives. Cette stratégie a porté ses fruits : les secteurs traditionnellement sensibles aux messages de protection sociale (agriculteurs, travailleurs informels, retraités) ont perçu Paz comme quelqu’un qui ne promettait pas de ruptures traumatisantes, mais plutôt des solutions pragmatiques à visage humain. Cette impression de proximité a sans aucun doute été un facteur clé lors du second tour.
Il est important de noter que le PDC a remporté six des neuf départements où le MAS d’Evo Morales avait été le grand vainqueur ces vingt dernières années : la région andine, peuplée principalement de populations d’origine quechua et aymara. L’Alliance libre a largement gagné dans la région orientale, dont l’épicentre est Santa Cruz, le département le plus prospère grâce à l’agro-industrie, moteur de l’économie bolivienne.
Les principaux défis auxquels le nouveau gouvernement sera confronté concernent la gouvernabilité et l’économie. Premièrement, la gouvernabilité : bien que le PDC ait obtenu une représentation significative au Congrès, il lui manque la majorité absolue qui lui permettrait d’approuver des réformes profondes sans pactes. Cela nécessite une politique d’accords, de négociations et de larges coalitions, dans un contexte de fragmentation du pouvoir législatif et de polarisation et de méfiance persistantes entre les forces. Deuxièmement, l’économie : la reconstitution des réserves, la gestion de l’inflation et la pénurie de devises et de carburant nécessiteront des mesures techniques complexes et un consensus.
De même, il ne faut pas perdre de vue le calendrier électoral ; en 2026, la Bolivie organisera des élections infranationales (gouvernements autonomes départementaux et municipaux), qui constitueront le premier test électoral majeur de la nouvelle carte politique. Ces élections permettront de déterminer si le changement du système partisan, impulsé par la prédominance de nouvelles forces politiques, se consolide ou si des forces politiques comme le Mouvement vers le socialisme (MAS) conservent une certaine influence. La victoire de Rodrigo Paz et du PDC au second tour peut être interprétée comme le résultat d’une demande citoyenne exprimant un rejet de la poursuite du cycle précédent, une recherche de solutions concrètes à la crise et une préférence pour des discours de proximité sociale. Parallèlement, elle ouvre une période où la capacité à gouverner dépendra de sa capacité à conclure des accords et à répondre aux besoins immédiats.
Depuis la mi-2023, la Bolivie traverse une situation économique, politique et sociale complexe. L’économie bolivienne montre des signes de détérioration. Les réserves internationales nettes restent inférieures à 3 milliards de dollars, ce qui génère une instabilité des taux de change et des problèmes d’importation d’essence et de diesel pour la consommation intérieure.
La situation économique complexe a provoqué une instabilité des taux de change qui érode directement le pouvoir d’achat des familles à faible revenu, rendant de plus en plus difficile le maintien du niveau de vie des familles indigènes en raison de l’augmentation continue des prix. L’inflation cumulée de plus de 20 % (!!) depuis le début de la crise a entraîné de réelles difficultés d’accès aux produits de base. Ainsi, la situation sociale en Bolivie est très tendue. Au cours du premier trimestre 2025, 201 conflits ont été enregistrés. La plupart de ces conflits étaient liés à des protestations contre la hausse des prix des denrées alimentaires et à des questions politiques.
Malgré tous ces problèmes, les Boliviens forment une société profondément résiliente et adaptable. Cette résilience ne doit pas être interprétée comme une résignation, mais comme l’expression authentique de la vitalité et de la détermination du peuple bolivien à surmonter les obstacles. Ceci peut aussi expliquer en partie les résultats des élections…
C’est dans ce contexte que nous avons demandé à notre partenaire bolivien de longue date, ANAWIN, à faire le point après les élections d’août 2025. Voici donc ce que nos amis nous ont écrit à ce sujet :
Élections en Bolivie 2025 : Brève analyse des résultats
Le 17 août 2025 ont eu lieu les élections générales en Bolivie, au cours desquelles les Boliviens ont élu le nouveau gouvernement (Président et Vice-président) ainsi que les membres de l’Assemblée législative pour les cinq prochaines années. L’élection des députés et des sénateurs s’est faite en un tour. Cependant, l’élection du Président et du Vice-président se fait en deux tours électoraux, aucun candidat n’ayant atteint la majorité électorale absolue requise. Les candidats qualifiés pour le second tour sont Rodrigo Paz Pereira, du Parti Démocrate-Chrétien (PDC), et Jorge « Tuto » Quiroga Ramírez, de l’Alliance Liberté et Démocratie (LIBRE), qui ont obtenu respectivement la première et la deuxième place.
Élections Bolivie 2025 : Proportion des votes obtenus par parti politique lors des élections générales
Note. Données préliminaires à 95.41 % du Système de Transmission et de Publication des Résultats Préliminaires (SIREPRE). Date de consultation (18/08/2025 à 09h45). Disponible sur :https://sirepre.oep.org.bo/national/
La victoire du PDC (centre-droite) au premier tour a été, pour le moins, surprenante, puisqu’elle a écarté des candidats de droite qui semblaient bénéficier d’un plus grand soutien selon de nombreux sondages. Bien que la majorité des partis politiques aient présenté des propositions orientées vers la droite et des mesures économiques alignées sur le Fonds Monétaire International (FMI), seul le candidat de LIBRE a réussi (parmi ces parties de droite-libérale) à accéder au second tour, se plaçant en deuxième position.
Les résultats des élections peuvent indiquer que le peuple bolivien ne souhaite pas un changement radical de l’orientation politique et économique du pays vers une ligne libérale. La majorité des électeurs semble avoir rejeté les politiques de privatisation et d’ouverture économique sans restriction, préférant des discours axés sur la redistribution des ressources, le renforcement de l’État et la protection des secteurs vulnérables.
En ce sens, la première position du PDC reflète un phénomène intéressant : l’électorat a montré une préférence de propositions à composante plus sociale et communautaire, même si celles-ci ne se présentent pas sous l’étiquette traditionnelle de « gauche » et relèvent davantage d’une position de « centre ». Le candidat Rodrigo Paz Pereira a su se positionner comme une figure proche du peuple, avec un discours qui a mis en avant des valeurs identitaires et s’est distancé du technocratisme économique qui a caractérisé d’autres postulants.
D’autre part, le populisme reste un élément clé de la politique bolivienne. Les campagnes les plus efficaces ont été celles qui ont fait appel à l’identité culturelle, à la récupération de la souveraineté nationale et à la promesse d’un gouvernement à l’écoute du peuple. Bien que ces stratégies ne soient pas nouvelles, les résultats montrent que la narration populiste conserve un poids significatif, notamment dans des contextes de mécontentement économique et de crise de représentation.
Le fait qu’un seul candidat libéral, Jorge « Tuto » Quiroga, ait accédé au second tour – et en deuxième position – indique que, même s’il existe une base de soutien aux propositions orientées vers le libre marché, celle-ci n’atteint pas une ampleur suffisante pour s’imposer dans l’électorat bolivien. En vue du second tour, la confrontation se jouera entre deux modèles : l’un qui cherche à équilibrer économie de marché et inclusion sociale, et l’autre qui représente le retour à des politiques plus orthodoxes et libérales.
Un autre signe du mécontentement et de la méfiance des boliviens face à l’offre politique massive de droite est le pourcentage élevé de votes nuls, qui a atteint 19,29 %. Le fait que près d’un électeur sur cinq ait choisi de voter « nul », peut être interprété comme un rejet explicite des propositions et candidatures en compétition, ainsi qu’un signe de fatigue démocratique face à la polarisation et au manque d’alternatives prenant au sérieux les véritables revendications de la population. Ce phénomène pose un défi profond pour la légitimité du processus électoral et, surtout, pour les partis, qui devront repenser leurs stratégies et leurs discours s’ils veulent se reconnecter avec un électorat de plus en plus critique et exigeant.
Un message important de ces élections est la fin abrupte du mandat du Mouvement vers le Socialisme (MAS – parti du président actuel Arce et auparavant de l’ex-président Morales), qui n’a obtenu que 3,2 % des voix au niveau national. Ce résultat représente non seulement une chute historique de son soutien électoral, mais le prive également de représentation à l’Assemblée législative, un scénario impensable il y a seulement quelques années. La perte accélérée d’influence du MAS met en évidence une profonde usure de sa structure politique, incapable de renouveler ses leaderships ni d’offrir un projet en phase avec les nouvelles demandes sociales, ce qui signifie la fin d’une étape importante qui a marqué la politique bolivienne pendant bien plus d’une décennie.
Ce qui est clair, c’est que l’élection du 17 août marque un tournant dans la politique bolivienne. Le peuple s’est exprimé, et il l’a fait en exigeant des propositions plus proches de la réalité quotidienne, moins technocratiques et plus engagées envers la justice sociale.
Texte rédigé par ANAWIN et adapté par Jean-Paul Hammerel
NiÑOS DE LA TIERRA asbl. s’est déclaré solidaire de l’appel d’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) pour rendre attentif à la DISPARITION FORCÉE DE JULIA CHUÑIL, CHILI, DÉFENSEUR DES DROITS DE LA TERRE.
NIÑOS DE LA TIERRA asbl. hat sich mit dem Aufruf von ACAT (Christliche Aktion zur Abshaffung der Tortur) solidarisch erklärt um auf das ERZWUNGENE VERSCHWINDEN VON JULIA CHUÑIL, CHILE, VERTEIDIGERIN DER LANDRECHTE hinzuweisen. (deutscher Text weiter unten)
Julia Chuñil, Chile Foto: Tirée de Nuit des Veilleurs https://nuitdesveilleurs.fr/fr/victimes/julia-chunil/
Julia Chuñil Catricura, Chilienne mapuche de 72 ans, est une militante reconnue pour son engagement en faveur des droits humains et de l’environnement. Elle est une figure centrale de la communauté mapuche de Putreguel, située dans la commune de Máfil, dans la région de Los Ríos, au sud du Chili. Mère de cinq enfants et grand-mère de dix petits-enfants, Julia est l’une des principales dirigeantes mapuches de Putreguel. En tant que présidente de la communauté de Putreguel dans le secteur de Huichaco Sur, elle s’est illustrée par sa détermination à défendre les terres de sa communauté. Malheureusement, cette lutte a engendré des menaces de la part de propriétaires fonciers puissants désireux de lui confisquer ces terres. Julia défend une zone de 900 hectares que la communauté mapuche revendique comme son habitat ancestral. Son engagement pour la protection de son territoire est profondément enraciné dans l’histoire de la dépossession des terres mapuche, un sujet qui entraîne des répercussions douloureuses sur la culture et l’identité de ce peuple.
Une disparition troublante et préoccupante
Julia Chuñil a disparu le 8 novembre 2024. Ce jour-là, elle a quitté son domicile avec son chien pour surveiller son bétail dans un enclos situé à environ deux kilomètres. Depuis, aucune trace d’eux n’a été retrouvée et les recherches se sont révélées infructueuses. Ses proches n’excluent pas un acte criminel, car Julia a été la cible de menaces persistantes de propriétaires fonciers de la région, désireux de s’approprier les terres que sa communauté protège. Comme défenseur de l’environnement, Julia a subi des intimidations pour avoir refusé de quitter le territoire de la communauté mapuche de Putraguel, une terre ancestrale qu’elle préside. Elle a déjà été soumise à des pressions d’hommes d’affaires pour vendre et abandonner ses terres. En 2018, elle a mené une lutte pour la protection de 900 hectares de forêt indigène dans la commune de Máfil, ce qui a entraîné des intimidations de la part d’intérêts commerciaux. Ces faits sont documentés dans une plainte déposée par l’ONG Escazú auprès du par-quet régional de Los Ríos, publiée dans La Tercera et Fast Check le 11 décembre 2024. Plus de deux mois se sont écoulés sans qu’aucune information précise n’émerge concernant le sort de Julia Chuñil, ce qui laisse penser à une disparition forcée. Son cas met en lumière les défis auxquels sont confrontés les leaders mapuches dans un contexte de violence et de mépris de la part des autorités, ainsi que l’absence de réponses adéquates de la part du gouvernement. La situation de Julia est emblématique des luttes plus larges pour l’autonomie et le respect des droits des peuples autochtones au Chili.
La disparition forcée de personnes
La disparition forcée de personnes constitue une violation d’une série de droits fondamentaux inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Étant soustraites à la protection de la loi et arrachées à la société, les personnes disparues ou portées disparues sont à la merci de leurs ravisseurs, souvent torturées et constamment menacées de mort. Si elles survivent à ce cauchemar, elles peuvent souffrir pendant longtemps des conséquences physiques et psychologiques de cette forme de déshumanisation, ainsi que des brutalités et tortures qui l’accompagnent. Outre les disparus eux-mêmes, les membres de leur famille subissent également une lente torture mentale et sont, tout autant que les disparus, des victimes.
La disparition forcée a été inscrite dans la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (2006), entrée en vigueur le 23 décembre 2010, ainsi que dans la Journée internationale des personnes disparues, célébrée depuis 2011 le 30 août. Cette année, la Veillée met à l’honneur trois personnes disparues provenant de trois continents différents.
Pour plus d’informations :
https://www.acatfrance.fr/actions/disparition-forcee-de-julia-chunil-defenseure-du-droit-de-la-terre-mapuche/htones au Chili.
Vous pouvez agir :
En écrivant au président de la République du Chili:
Lettre d’appel en Anglais en bas de page
MONSIEUR GABRIEL BORIC FONT
Président de la République du Chili
C/o Son excellence Madame Gloria Navarette
Rue des Aduatiques, 106
Etterbeek, 1040 Brussels
Vous pouvez aussi envoyer un email à echilebelgica@minrel.gov.cl,
la lettre d’appel et d’autres informations se trouvent sur www.acat.lu
Julia Chuñil, Chile Foto: Entnommen von Nuit des Veilleurs https://nuitdesveilleurs.fr/fr/victimes/julia-chunil/
Julia Chuñil Catricura, eine 72-jährige Mapuche aus Chile, ist eine anerkannte Aktivistin für Menschenrechte und Umweltschutz. Sie ist eine zentrale Figur der Mapuche-Gemeinschaft in Putreguel, das in der Gemeinde Máfil in der Region Los Ríos im Süden Chiles liegt. Als Mutter von fünf Kindern und Großmutter von zehn Enkelkindern ist Julia eine der führenden Mapuche-Anführerinnen von Putreguel. In ihrer Funktion als Präsidentin der Gemeinschaft von Putreguel im Sektor Huichaco Sur hat sie sich durch ihren entschlossenen Einsatz für den Schutz des Landes ihrer Gemeinschaft hervorgetan. Leider hat dieser Einsatz dazu geführt, dass sie Drohungen von mächtigen Großgrundbesitzern erhielt, die sich das Land aneignen wollen. Julia verteidigt ein Gebiet von 900 Hektar, das die Mapuche-Gemeinschaft als ihr angestammtes Territorium beansprucht. Ihr Engagement für den Schutz dieses Gebietes ist tief in der Geschichte der Enteignung der Mapuche verankert – ein Thema, das schmerzhafte Auswirkungen auf die Kultur und Identität dieses Volkes hat.
Ein beunruhigendes und alarmierendes Verschwinden
Julia Chuñil wird seit dem 8. November 2024 vermisst. An diesem Tag verließ sie ihr Haus gemeinsam mit ihrem Hund, um das Vieh auf einer etwa zwei Kilometer entfernten Weide zu kontrollieren. Seither fehlt von beiden jede Spur, und die Suche blieb erfolglos. Ihre Angehörigen schließen ein Verbrechen nicht aus, da Julia wiederholt Drohungen von Großgrundbesitzern in der Region erhalten hatte, die sich das Land der Gemeinschaft aneignen wollen. Als Umweltschützerin wurde Julia eingeschüchtert, weil sie sich weigerte, das angestammte Territorium der Mapuche-Gemeinschaft Putreguel zu verlassen – ein Gebiet, dessen Vorsitz sie innehatte. Sie wurde bereits zuvor von Geschäftsleuten unter Druck gesetzt, ihr Land zu verkaufen und aufzugeben. Im Jahr 2018 führte sie einen Kampf zum Schutz von 900 Hektar indigener Wälder in der
Gemeinde Máfil, was ebenfalls zu Einschüchterungen durch wirtschaftliche Interessengruppen führte. Diese Vorfälle wurden in einer Anzeige dokumentiert, die von der NGO Escazú bei der regionalen Staatsanwaltschaft von Los Ríos eingereicht und am 11. Dezember 2024 in den Medien „La Tercera“ und „Fast Check“ veröffentlicht wurde.
Mehr als zwei Monate sind seitdem vergangen, ohne dass konkrete Informationen über das Schicksal von Julia Chuñil ans Licht kamen, was auf ein mögliches erzwungenes Verschwinden hinweist. Ihr Fall wirft ein Schlaglicht auf die Herausforderungen, denen sich Mapuche-Führungspersönlichkeiten angesichts von Gewalt und Missachtung durch die Behörden stellen müssen, ebenso wie auf das Fehlen angemessener Reaktionen seitens der Regierung. Julias Situation steht exemplarisch für den breiteren Kampf um Autonomie und die Anerkennung der Rechte indigener Völker in Chile.
Das Verschwindenlassen von Menschen
Das Verschwindenlassen von Menschen stellt eine Verletzung einer Reihe von Grundrechten dar, die in der Allgemeinen Erklärung der Menschenrechte verankert sind. Da sie dem Schutz des Gesetzes entzogen und aus der Gesellschaft herausgelöst wurden, sind verschwundene oder vermisste Personen ihren Entführern ausgeliefert, werden oft gefoltert und sind ständig vom Tod bedroht. Wenn sie diesen Albtraum lebend überstehen, können sie lange Zeit unter den physischen und psychischen Folgen dieser Form der Entmenschlichung und den damit einhergehenden Brutalitäten und Folterungen leiden. Neben den Vermissten selbst erleiden auch die Familienangehörigen von diesen ebenfalls eine langsame mentale Folter und sind ebenso Opfer wie die Verschwundenen.
Das Verschwindenlassen wurde im Internationalen Übereinkommen zum Schutz aller Personen vor dem Verschwindenlassen (2006), das am 23. Dezember 2010 in Kraft trat, und im 30. August, dem Internationalen Tag der Verschwundenen, der seit 2011 begangen wird, festgeschrieben. Die Veillée in diesem Jahr hat als Schwerpunkt drei Verschwundene aus drei verschiedenen Kontinenten.
Indem Sie an den Präsidenten der Republik Chile schreiben:
Appelbrief weiter unten in Englisch
HERRN GABRIEL BORIC FONT
Präsident der Republik Chile
z. Hd. Ihrer Exzellenz Frau Gloria Navarette
Sie können auch eine Email an
echilebelgica@minrel.gov.cl schicken,
den Appelbrief und weitere Informationen finden Sie auf www.acat.lu
(To be completed by the sender)
Surname:
First name:
Address:
Subject: URGENT APPEAL CONCERNING THE DISAPPEARANCE OF JULIA CHUÑIL
Mr President of the Republic,
Following information received from ACAT Luxembourg, I am writing to express my deep concern about the situation of Julia Chuñil, an environmental defender and well-known figure in the fight to protect indigenous lands, who has been missing since 8 November 2024. This alarming situation, which remains unresolved, raises serious questions about the safety of human rights and environmental defenders.
A well-known figure in the Mapuche community of Putreguel, in the Los Ríos region. Her commitment to protecting her community’s ancestral lands has made her a target of repeated threats from powerful landowners. Despite these threats, Julia has continued to defend the rights of her people, a testament to her courage and determination.
Since her disappearance, the search for her has made no progress, and the lack of any concrete response from the authorities is worrying. Julia’s relatives fear that she has been the victim of a criminal act, and it is imperative that the Chilean government take immediate action to find Julia and guarantee the safety of environmental defenders.
I urge you, Mr President, to order a thorough and transparent investigation into this case. It is essential that the Chilean authorities respect their international human rights commitments, particularly with regard to the protection of environmental defenders. Julia’s situation is emblematic of the broader struggles for autonomy and respect for the rights of indigenous peoples in Chile.
I thank you for your attention to this urgent request and hope that you will act swiftly to shed full light on Julia Chuñil’s disappearance. The international community is waiting for concrete action to guarantee the safety and rights of environmental defenders in Chile.
I trust that you will act quickly.
With respect,
This letter is addressed to:
President of the Republic of Chile
MR GABRIEL BORIC FONT
C/o Her Excellency Mrs Gloria Navarette
Rue des Aduatiques, 106
Etterbeek, 1040 Brussels
The letter has to be franked at 1,70 €.
You can also send an email to the President of the Republic
of Chile MR GABRIEL BORIC FONT via
C/o Her Excellency Mrs Gloria Navarette echilebel-gica@minrel.gov.cl
The appeal letter and further information can be found at www.acat.lu
ACAT Luxembourg is a politically neutral and independent human rights organisation affiliated to the International Federation of ACAT (FIACAT), which has consultative status with the United Nations, observer status with the African Commission on Human and Peoples’ Rights and participatory status with the Council of Europe.