Conflit en Bolivie : méfiance et défi de la coopération sociale

ANAWIN, mai 2026

En mai 2026, la Bolivie est de nouveau plongée dans une crise profonde, marquée par des routes bloquées, une lutte entre manifestants et policiers, et un sentiment collectif d’épuisement. Ce qui a commencé comme des protestations sectorielles sur les salaires et l’énergie s’est transformé en une crise politique nationale, avec des appels à la démission du président Rodrigo Paz et des pénuries sur les marchés. Ironiquement, les secteurs populaires, paysans et indigènes qui contestent le gouvernement sont ceux qui avaient soutenu sa victoire électorale. Cependant, depuis son arrivée au pouvoir, une perception de distanciation entre le gouvernement et ces secteurs s’est intensifiée, alimentée par des alliances avec les élites économiques et des décisions fiscales jugées favorables aux intérêts urbains.

Cette méfiance et la perception de trahison parmi ceux qui s’étaient initialement tournés vers Rodrigo Paz dramatisent le conflit actuel, qui n’est pas seulement politique, mais également le reflet d’une désillusion face à un projet qui semble abandonner ses promesses. Des groupes variés — transporteurs, mineurs, organisations indigènes et éviste — intensifient les tensions en établissant des barrages routiers, exploitant une conjoncture économique défavorable pour relancer le mouvement politique autour d’Evo Morales.

La situation est aggravée par des problèmes structurels de l’économie bolivienne, telle que la dépendance aux importations énergétiques et les contestations autour de la Loi 1720, ce qui laisse le gouvernement dans une position de faiblesse. Le conflit n’est pas un simple affrontement idéologique, mais le résultat d’années de méfiance entre les différents acteurs : gouvernement, entrepreneurs et mouvements sociaux. Le débat public est polarisé, les discours simplifiant la complexité des revendications en stigmatisant certaines parties comme « minorités violentes » ou en désignant le gouvernement comme un néolibéralisme insensible.

La polarisation a réduit la capacité de reconnaissance des besoins d’autrui, exacerbant ainsi les tensions. La crise révèle un manque de mécanismes d’empathie et de coopération, la culture politique se basant davantage sur le veto que sur l’accord. Chaque secteur a appris que sa seule voix est celle qui paralyse le pays, tandis que les gouvernements résistent, conduisant à un cercle de confrontation où chacun perd, surtout les citoyens ordinaires pris entre ces rivalités.

La situation actuelle doit être un appel à reconstruire la confiance sociale avant toute stabilisation économique. Les réformes ne réussiront pas dans un climat de méfiance systémique. Une réconciliation est nécessaire, et cela implique de reconnaître l’humanité des opposants. Tous les acteurs doivent cesser de croire que leur propre légitimité est la seule. Récemment, un tournant a été observé, avec un mécontentement croissant de la population face aux blocages. Des citoyens commencent à s’organiser pour débloquer les routes, exprimant une fatigue face à l’impasse actuelle. Ce changement suggère un déclin de l’exigence de démission de Rodrigo Paz, alors que beaucoup craignent qu’un effondrement de l’ordre démocratique ne mène qu’à plus d’instabilité économique.

La Bolivie doit naviguer soigneusement pour éviter une montée des tensions qui pourrait conduire à un vide de pouvoir tout en reconnaissant les légitimes préoccupations de chaque secteur. En somme, l’avenir du pays dépendra de la capacité des acteurs à rétablir le dialogue, à promouvoir la compréhension mutuelle et à œuvrer ensemble pour sortir de cette spirale de conflit.

ANAWIN souligne que la reconstruction d’un pays repose sur la récupération de capacités fondamentales telles que l’empathie et la coopération, au-delà des indicateurs économiques. La reconnaissance des préoccupations d’autrui est essentielle pour des solutions durables et éviter la répétition des conflits.

Assemblée Générale 2026

Madame, Monsieur,

Le conseil d’administration de Niños de la Tierra asbl a l’honneur et le plaisir de vous

inviter à sa

39e Assemblée générale

qui aura lieu à la Boutique du Monde (« Gréngt Haus »)

42, route de Mondorf, Bettembourg

le mardi, 21 avril 2026 à 20.00 heures

avec l’ordre du jour suivant :

1. Allocution de bienvenue du président

2. Approbation du procès-verbal de l’assemblée générale 2025

3. Rapport d’activité pour l’exercice 2025

4. Rapport de caisse pour l’exercice 2025

5. Rapport des réviseurs de caisse

6. Approbation des rapports et décharge du trésorier

7. Désignation des réviseurs de caisse

8. Fixation de la cotisation

9. Élection du conseil d’administration: 7 membres du CA sont démissionnaires et rééligibles,

10. Projets actuels et futurs

11. Compte-rendu d’un voyage de projets en Bolivie et au Chili

12. Divers

Ont droit de vote les membres ayant payé leur cotisation annuelle de 10 € avant l’AG.

Un pot de l’amitié sera offert.

Pour le conseil d’administration :

Marco Hoffmann, président, Marianne Schummer, secrétaire

Lena – Mission de 18 mois en Bolivie (Cochabamba)

Mon service volontaire de 18 mois en Bolivie, encadré par le SERVICE VOLONTAIRE du SNJ a été une véritable « école de vie ».

J’ai appris à accompagner avec bienveillance des enfants issus de milieux fragiles. Malgré les défis, leur sourire me rappelait chaque jour pourquoi j’étais là.

A côté de mon travail dans une crèche à Tirani avec des enfants en bas-âge, j’ai accompagné une petite fille de 6 ans à besoins spécifiques dans sa scolarité et son développement global.

Chaque journée m’a enseigné l’humilité, l’écoute et surtout la patience. J’ai découvert une culture à la fois riche, chaleureuse, accueillante, ainsi qu’une autre manière de vivre, plus simple, plus proche des autres et profondément enracinée dans ses traditions. La musique andine, les fêtes colorées et le lien fort aux ancêtres m’ont émerveillée.

J’ai aussi appris à vivre avec peu, à m’adapter à l’inattendu et à travailler en équipe dans un contexte interculturel. Cette expérience m’a transformée : j’ai gagné en maturité, en confiance et en sens des responsabilités.  Ce volontariat m’a offert bien plus que ce que j’ai pu donner : des amitiés sincères, une ouverture d’esprit et un regard nouveau sur le monde.

Ma mission m’a confrontée à un accès limité au matériel, à l’eau, à une électricité instable et à un manque de ressources dans la crèche. Et pourtant, jamais je n’ai rencontré autant de générosité, de joie et de solidarité. Ce manque de confort m’a appris à aller à l’essentiel, à valoriser les relations humaines plutôt que les biens matériels. La simplicité de la vie quotidienne, le partage et l’ingéniosité face aux difficultés m’ont profondément marquée. J’ai appris à apprécier ce que j’avais et à remettre en question mes habitudes de consommation. Ce que certains appellent pauvreté m’a offert une grande richesse intérieure. Plus qu’un simple volontariat, ce fut un apprentissage profond de la vie, de l’autre, et de moi-même. La culture bolivienne ne m’a pas seulement accueillie : elle m’a transformée.

                                                                                                                                             Lena Erpelding

E speziellen an häerzleche Merci soe mir eiser Volontärin Lena Erpelding, dat a sengem Bekanntekrees eng Spendenaktioun lancéiert huet fir d’Kantin an der Crèce vun Tirani, wou hatt geschafft huet.