COMPTE RENDU
de la 35e ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE NIÑOS DE LA TIERRA a.s.b.l.

(anc.CHILES KINDER a.s.b.l.)
au KulTourhaus à Huncherange
29 mars 2022 à 19h30

1. ALLOCUTION DU PRÉSIDENT
Monsieur Marco Hoffmann souhaite la bienvenue aux sympathisants de l’ONG parmi lesquels Monsieur Jean-Marie Jans, échevin; Monsieur Patrick Hutmacher, conseiller ; Monsieur Michel Waringo, conseiller, les ex-volontaires de notre ONG Toni Schweich et Salomé Heindrichs ; Diane Catani, ex-volontaire et présidente du projet « Teatrobus » au Chili; nos réviseuses de caisse ; ainsi que notre président honoraire Michel Schaack et sa femme Fernande.
Excusés : M. Laurent Zeimet, bourgmestre ; Mme Josée Lorsché, 1ère échevine ; M. Gusty Graas, échevin ; M. Roby Biwer, conseiller ; M. Guy Frantzen, conseiller ; M. Fernand Huberty et M. Guy Urbany de l’ONG « Beetebuerg hëlleft » ; Mme Maggy Menné, présidente de l’ONG « Aide au Vietnam » ; Mme Claire Zimmer, collaboratrice permanente ; Mme Patricia Garcia, collaboratrice indépendante ; Alissa Frantz et David Hoffmann, ex-volontaires ;

Dans son discours, le président explique que les 35 ans de l’ONG « Niños de la Tierra » en 2022 valent bien l‘une ou l‘autre manifestation d‘anniversaire, entre autres avec un stand et une exposition de photos prévus au Supermarché Cactus Bettembourg les 14 et 15 octobre, ainsi qu‘avec la publication d’un INFO plus complet pour parler encore plus précisément de notre travail.
Monsieur Hoffmann continue que ces dernières années, on a beaucoup parlé chez nous de solidarité et de justice sociale. Ces valeurs restent bien sûr très importantes pour nous en tant que ONG, mais en ce qui concerne notre travail et notre engagement, il faut y ajouter le thème du développement durable, et plus précisément du développement humain. Un exemple de ce développement humain est le projet Tirani en Bolivie. Lors de la visite du projet en décembre, on a de nouveau constaté la motivation du travail et de l‘entraide entre les communautés. A Tirani, l’ONG « Niños de la Tierra » a commencé son projet par un jardin d‘enfants et il est clair qu‘avec une bonne nourriture et l‘“education con amor“ (l’éducation avec amour : la devise de notre jardin d‘enfants et aussi celle de Sœur Karoline) contribuent beaucoup à un bon développement des enfants. Le jardin d‘enfants, avec la formation des femmes et la „escuela de padres“ (école des parents), représente encore autre chose : la confiance. Sans confiance, pas de développement ! Le jardin d‘enfants a créé une confiance entre les enfants et leurs éducatrices/éducateurs, entre les parents et les professionnels de la FCVB, mais aussi entre Tirani et notre ONG « Niños de la Tierra », ce qui inclut le voyage de projet tous les deux ans pour poser des questions, s‘intéresser, être à l‘écoute de tous les problèmes et travailler à des solutions.
Un développement durable et humain efficace prend du temps. Nous travaillons à Tirani depuis 2010 et si notre prochain projet sur trois ans sera accepté par le ministère à la fin de l‘année, notre travail à Tirani durera au moins jusqu‘en 2026, soit 16 ans au total. Outre la construction d‘une demi-douzaine de jardins d‘enfants, nous avons formé de nombreuses femmes en tant qu‘éducatrices et amélioré la production agricole dans les communes de telle sorte qu‘un marché puisse voir le jour à Tirani, où la vente de produits alimentaires écologiques améliorera le revenu de nombreuses familles.
Même les politiciens remarquent l‘évolution de la situation à Tirani. Le maire de la commune de Cochabamba a choisi Tirani pour la rentrée scolaire. Une telle visite, qui montre une reconnaissance politique et qui va dans le sens d‘un renforcement de l’engagement communal à Tirani, est certainement un moment important dans le développement humain de cette région. Il est également réjouissant que le pays entier ait pu retrouver une stabilité politique après Evo Morales et que les programmes sociaux se poursuivent.
Tout comme au Chili, on peut espérer l’amélioration des conditions de vie de nombreuses personnes, en particulier des plus pauvres. Niños de la Tierra se range du côté de ceux qui veulent construire, développer et faire progresser les gens !!

2. APPROBATION DU COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU 30.03.2021, publié dans INFO 2/2021
Le compte-rendu de l’Assemblée Générale du 30 mars 2021 est approuvé par les membres présents.

3. RAPPORT D’ACTIVITÉ
Madame Rose Ludwig-Bohler, secrétaire, présente le rapport d’activité de l’ONG sous forme de slideshow (détails INFO 1/2022).
4. RAPPORT FINANCIER (publié dans INFO 1/2022)
Monsieur Jean-Paul Hammerel, trésorier, donne des explications sur la situation financière, sur les recettes et dépenses de l’année 2021 : solde de 235’080,44€ au début de l’année 2021, et solde de 230’825,93€ au 31 décembre 2021.
Remarques :
*Les frais administratifs de l’ONG ne sont pas plus élevés que le montant accordé par le Ministère. Depuis les 35 ans d‘existence de notre ONG, aucun cent des dons n‘a été investi dans des frais administratifs, ce dont nous sommes très fiers : c‘est l‘avantage du bénévolat.
*Le bilan est contrôlé par une fiduciaire officielle et confirmé par un audit financier pour le ministère. Ceci est nécessaire si on touche plus de 100’000€/an en tant que cofinancement, et pour obtenir l‘agrément du Ministère.
*Le montant des dons par ordre permanent reste stable. Ces ordres permanents sont importants et donnent une certaine sécurité dans la planification financière.
5. Madame Michèle Biwer-Erpelding et Madame Lolo Reding, REVISEUSES DE CAISSE, ont contrôlé les bilans, recettes et dépenses. Michèle Biwer dit que tout était correct et présenté avec sérieux. Elle prie l’assemblée de donner décharge au trésorier.
6. Par applaudissement le rapport d’activité et le rapport de caisse sont approuvés par l’assemblée.
7. Les mêmes REVISEUSES DE CAISSE Michèle Biwer–Erpelding et Lolo Reding sont désignées par l’Assemblée pour l’année 2022.

8. La COTISATION pour les membres de l’ONG reste inchangée (10€).

9. CONSEIL D’ADMINISTRATION :
Après deux années sabbatiques, Gaby Stoos fera de nouveau partie du Conseil d’Administration qui se compose désormais de 12 membres, à savoir :
Jean-Paul Hammerel, Marco Hoffmann, Julie Kipgen, Marcel Kohn, Marie-José Kohn-Goedert, Georges Ludwig, Rose Ludwig-Bohler, Axel Schneidenbach, Claude Schweich, Yvette Schweich-Lux, Gaby Stoos, Gaby Wewer
Par acclamation l’Assemblée Générale donne décharge au Conseil et confirme le nouveau Conseil d’Administration pour les années 2022 et 2023.

10. Le responsable de PROJETS, Jean-Paul Hammerel, donne des explications sur nos projets :
Projets cofinancés
* Tirani III, (jardins d’enfant Tirani, Taquina Chico et Andrada) se termine cette année.
Monsieur Hammerel souligne une fois de plus l‘importance de la visite du maire de Cochabamba dans les jardins d‘enfants de Tirani sans qu‘il y ait d‘élections. C’est un énorme succès pour la communauté qui a présenté ses jardins d‘enfants sans l’assistance de sœur Karoline. Il est particulièrement important que le nouveau projet soit prêt et que les communautés elles-mêmes se rendent dans la commune pour faire valoir leurs droits et exiger la durabilité demandée par notre ministère.
* Chapisirca/Montecillo sur un haut plateau à 3900m
Il y a quelques années, avec l‘aide d‘ANAWIN, nous avons fait un diagnostic pour connaître les besoins et nous avons commencé à aider les communautés à développer leur agriculture, leur élevage et leurs écoles.
Projet en 2e année.
* Nouveau projet à Potosí « Amélioration de la sécurité alimentaire et de l‘alimentation dans les communautés de Palcamayu, Karachipampa et Alto Potosí
Potosí est la ville d‘où provient plus de la moitié de l‘argent du monde entier. Le projet n‘en est qu‘à ses débuts avec 3 communautés et avec le partenaire CONTEXTO. Le but est l’agriculture périurbaine dans de grandes serres irriguées, agriculture durable pour les familles qui vendront ensuite leurs produits sur le marché, ainsi qu’une formation pour l‘encadrement des enfants à 4500 m d‘altitude.
* Trabajo Digno avec la « Fundacion KALLPA » de Martine Greischer à Cochabamba (ensemble avec OGB-L solidarité syndicale) : justice sociale et construction d‘une sécurité sociale des gens à Cochabamba. Nous participons au projet.
Projets non cofinancés, soutenus par des fonds de notre ONG
*Projet Teatrobus de Diane Catani à Santiago de Chile
*Projet Lautaro avec Fundecam. Après l’élection du nouveau président, Fundecam a été sollicité par le gouvernement local pour expliquer comment ils s‘en sortaient dans notre projet avec le Fondo rotatorio (sorte de micro-crédit pour les familles pour construire quelque chose de durable comme l‘élevage de poules, la construction de serres, l’élevage d’abeilles…).
A moitié financé par « Beetebuerg hëlleft »
* Ecole de musique EPA à Achupallas au Chili. Les parrainages contribuent à ce qu‘un enfant issu des milieux les plus pauvres puisse fréquenter l‘école pendant un an. Soutenu avec l‘aide de « Beetebuerg hëlleft ».
* Le foyer pour femmes en détresse « Sonqo Wasi » à Cusco ne peut pas être cofinancé sans l’apport de l’Etat péruvien. Le projet est soutenu aussi avec l‘aide de « Beetebuerg hëlleft »
* KAIROS, ancien partenaire à Santiago de Chili avec un bon travail de base.
* Aide COVID grâce aussi aux subsides de « Beetebuerg hëlleft »
* Lors des inondations de 2021 au Chili, Niños de la Tierra et Beetebuerg hëlleft ont participé à la reconstruction des infrastructures de FUNDECAM à Temuco.
Projets futurs:
*Prolongation du projet Tirani dans le département Cochabamba
Mise en place d‘une structure de marché pour vendre des produits sur un petit marché local à orientation écologique, marché que les communautés gèrent elles-mêmes.
3 nouvelles communautés aimeraient aussi avoir un jardin d‘enfants selon le même système qu‘à Tirani.
(Eventuellement -à l’avenir- idée d‘une COOPÉRATIVE, mais cette idée doit alors être portée par les communautés)
Partenaire : Fundacion Cristo Vive Bolivia
Il faut déposer le projet au Ministère jusqu‘à fin août
*Fin janvier, nous avons soumis un projet avec ANAWIN “Amélioration de l’accès à une éducation intégrale des jeunes et à une formation communautaire et productive dans les communautés de Tuscapujio” (Cochabamba en Bolivie). Ce projet est une suite du projet d’école de Korihuma/Sacaba.
Le projet devrait être approuvé en avril, ce qui nous donnerait deux nouveaux projets cette année (maximum 4 projets en cours sont possibles).

11. Le responsable de projets Jean-Paul Hammerel présente un reportage-photo sur le voyage projet qu’il a fait avec le président Marco Hoffmann et la vice-présidente Julie Kipgen en Bolivie en décembre 2021 : voyage pour explorer la situation avec nos partenaires sur place.

12. DIVERS
Monsieur Jean-Marie Jans, échevin et représentant de la commune, prend la parole en disant que – comme à chaque fois- il est impressionné par le travail de l’ONG. La coopération tient à cœur de la commune qui investit volontiers un montant relativement élevé dans la Coopération, un montant symbolique pour tous les citoyens de Bettembourg. Monsieur Jans tient à souligner que le conseil échevinal est tout à fait conscient que sans les ONG comme les « Niños de la Tierra » et sans leurs membres engagés, le Conseil échevinal ne serait pas capable de garantir que l‘argent que les citoyens de Bettembourg donnent à la coopération par l‘intermédiaire de la commune soit bien investi et que chaque cent aille à l‘aide au développement, aux personnes qui en ont besoin. Un grand Merci spécialement à « Niños de la Tierra » et également à « Beetebuerg hëlleft ».
Cette quête d‘humanité est authentique et – surtout cette année – a porté des fruits visibles aussi bien en Bolivie où les autorités communales ont choisi un projet de Niños de la Tierra pour commencer l‘année scolaire, et au Chili où un projet réalisé avec Fundecam a fait sensation sur le plan national sous le nouveau gouvernement. L’ONG « Niños de la Tierra » a bien mérité cette reconnaissance.

13. L’assemblée générale est clôturée par un pot de l’amitié.

Le CONSEIL D’ADMINISTRATION est au nombre de 12. Répartition des charges du conseil d’administration dans la réunion du 19 avril 2022:
Président: Marco Hoffmann; vice-présidente: Julie Kipgen; secrétaire: Rose Ludwig-Bohler; trésorier et responsable de projets: Jean-Paul Hammerel; secrétaire adjointe: Julie Kipgen; trésorier adjoint: Georges Ludwig;
Membres: Marie-José Kohn-Goedert, Marcel Kohn, Axel Schneidenbach, Claude Schweich (président honoraire); Yvette Schweich-Lux, Gaby Stoos ; Gaby Wewer
Collaborateurs réguliers: Claire Zimmer, Michel Schaack (président honoraire)
Carmen Albers, collaboratrice projets depuis août 2018
Patricia Garcia, collaboratrice depuis septembre 2020

Compte-rendu rédigé par :
Rose Ludwig-Bohler, secrétaire

From the Pinochet dictatorship to the 2019 Estallido Social:

How neoliberal reengineering has incapacitated the Chilean state as multidimensional public service provider


Final Paper
MINT025 – State-building and War-Making in the Developing World
David Hoffmann
M.A in Development Studies (MDEV)
December 2021, The Graduate Institute Geneva
Word count: 3899


page 2
The Estallido Social
On October 18, 2019, Chile awoke – #ChileDespertó. Damaged public infrastructure including 118 metro stations and clashes with the armed police and military marked the violent peak of a series of protests that had started in Santiago de Chile at the beginning of the month (Selman, 2021). Reacting to a public transport fare rise on October 6, students were first to start protesting and ultimately evading payment in metro stations, causing disturbances in those. Met by police violence and repression, the protests escalated and took to the streets on October 18 with all generations becoming involved in what is considered Chile’s wake up to the failed “promise of democracy and a dignified life […] [caused by] the forced deepening of neoliberalism and its violent malaises” (Arias-Loyola, 2021). The protests, named Estallido Social (literally translated as social outburst), were now directed against the elite-ruled government and the neoliberal system promoted by them, which had eroded and crumbled the pillars on which Chileans were trying to build their lives. This became even clearer on October 25, when more than 1 million Chileans came out to peacefully protest in Santiago alone, constituting the largest protest since the end of the Pinochet dictatorship (Caroca Soto et al., 2020). The grim record of at least 26 fatalities, 1,938 victims of firearm induced injuries, and 134 cases of alleged torture, points at a level of violence that was thought to be unimaginable in the region’s most stable and prosperous country (Amnesty International, 2020, OHCHR, 2019, Milanovic, 2019). Chile had been considered for long the “poster child for international organisations”, especially by following internationally encouraged liberalisation and macroeconomic reforms and by becoming the first South American member of the OECD (Ferreira & Schoch, 2020). By referring to the “core functions of the state”, this paper discusses how the 2019 Estallido Social could be viewed as the consequence Weiterlesen

Notre visite des projets en Bolivie

un aperçu personnel sur ce voyage

par Julie Kipgen

En décembre 2021, je suis partie avec Jean-Paul (trésorier et chef de projets) et Marco (président) à Cochabamba en Bolivie. Je vais vous raconter mes impressions plus personnelles, afin que vous puissiez comprendre un peu mieux à quoi ressemble la vie quotidienne à Cochabamba et aux alentours.

Le trajet : 4 vols différents, 25 heures de voyage, 25 heures de port du masque et 6 heures de décalage horaire. L’arrivée est à 7 heures du matin et trop tôt pour entrer dans notre chambre d’hôtel pour dormir un petit peu.

C’est pourquoi une délégation de la Fundación Cristo Vive Bolivia nous accueille à l’aéroport et nous emmène avec leur Pick-up prendre un très bon petit-déjeuner dans leur bureau : melon, toast, confiture, omelette, infusion de coca, café et une sorte de polenta (très) sucrée.

C’est le moment de se refamiliariser avec la langue espagnole, la hauteur (2500 mètres d’altitude) et le climat (été en Amérique du Sud). Je parle de « refamiliariser », car j’ai passé 11 mois à Cochabamba en 2012, dans le cadre du Service Volontaire de Coopération (SNJ).

L’après-midi de notre arrivée, nous avons rendez-vous avec Martine Greischer de la Fundación Kallpa (projet « Trabajo digno ») et Ben Toussaint de l’ONG OGBL qui est de visite pour une mise au point sur la continuation du projet. Ils souhaitent coopérer encore plus avec le gouvernement et les services locaux afin que la sécurité sociale soit une évidence pour chacun. En nous promenant dans les rues pour rentrer à l’hôtel, nous comprenons la motivation et le besoin d’aider de l’équipe du projet « Trabajo digno ».
Veuillez trouver un petit article sur le projet « Trabajo digno » dans l’info 4/2020

Même si je connais la Bolivie, ses traditions et les conditions de vie, je ressens une deuxième fois le « choc culturel » : tant de câbles d’électricité que l’on ne voit presque plus le ciel ; des femmes avec leurs enfants qui essaient à tout prix, jusque tard dans la journée, à vendre des bonbons, des biscuits ou des mouchoirs ; les écoles sont fermées depuis mars 2020 (jusqu’en décembre 2021), des cours via internet ont eu lieu pour ceux qui ont des smartphones, une bonne connexion internet et assez d’argent pour l’abonnement (donc uniquement pour les élèves de familles aisées) ; je ne vois pas de poussettes, les bébés sont portés et ceci en majorité par les mamans ; je vois de très jeunes mamans et beaucoup d’enfants seuls dans les rues ; et ce qui me fait le plus mal au cœur ce sont les femmes qui dorment dans la rue avec leurs très jeunes enfants derrière leurs quelques légumes qu’elles espèrent vendre.

Le deuxième jour, Marco, Jean-Paul et moi montons en Pick-Up avec deux responsables de l’organisation « Anawin » à Chapisirca qui se trouve à environ 3800 mètres d’altitude. Un paysage très beau, des troupeaux d’alpacas et de vaches et quelques petites maisons. Au centre de Chapisirca se trouve l’école primaire et secondaire, un internat et des petites maisons pour les professeurs (car le trajet jusqu’à Cochabamba dure 3 heures).

Les habitants de la communauté nous montrent comment leur bétail (vaches et moutons) ont pris du poids, ils présentent avec fierté leurs jolis produits d’artisanat de laine (moutons), ils nous font une démonstration de leurs nouvelles machines qui facilitent la production de bonne nourriture pour les vaches et ils nous donnent à goûter de leur fromage et de leurs pommes de terre.

L’après-midi, nous sommes invités à rencontrer les élèves de l’école de Chapisirca. A l’école les enfants et leurs familles sont tous là (même s’il n’y a toujours pas de cours en présentiel) pour nous présenter quelques danses traditionnelles. Bien sûr que nous (devons) danser avec eux, même si nous n’avons presque pas de souffle à cause de l’altitude et des masques.

Pour terminer, nous inaugurons la station de radio qui permet la continuation des cours de l’école et des ateliers sur l’agriculture. Je suis contente de voir que le projet fut un succès grâce à la motivation des habitants, le professionnalisme de Anawin et les donations du Luxembourg.

Pour plus d’informations sur le projet : https://www.niti.lu/nos-projets/en-bolivie/montecillo-chapisirca/ et dans l’info 4/2021 et 2/2020

Le troisième jour, Anawin nous emmène visiter une nouvelle communauté dans laquelle ils ont fait un diagnostic pour analyser la demande, la disposition et les besoins des habitants et de leurs dirigeants. C’est impressionnant de voir comment vivent les familles. Ils ont un petit terrain avec des petites maisonnettes, dans lesquelles vit toute la famille : les grands-parents, les oncles et les tantes, les cousins, … Ils ont beaucoup de peine à subvenir financièrement aux besoins de leurs enfants afin de leur permettre une scolarisation jusqu’en classe terminale.

L’après-midi, nous visitons le projet « Korihuma », une école primaire et secondaire, avec des cours et méthodes alternatives, des ateliers pour les parents et des cours axés sur l’agriculture, la gastronomie, la mécanique, etc. Nous constatons le succès du projet clôturé pour nous en 2020 et nous remarquons la fierté, la joie et la motivation des élèves et des professeurs. Pour plus d’informations sur le projet : https://www.niti.lu/nos-projets/en-bolivie/korihuma/ et dans l’info 4/2021

Nous passons les deux prochains jours avec l’organisation « Fundación Cristo Vive » dans les communautés de Tirani, Andrada et Taquiña Chico. J’ai fait mon volontariat dans les services de la Fundación à Tirani et je remarque une belle évolution de l’équipe. Les femmes sont devenues plus confiantes et plus extroverties. Je suis heureuse de voir comment elles ont gagné en expérience professionnelle, et certaines qui ont été formées «éducatrice» par le projet, sont celles qui maintenant forment elles-mêmes les nouvelles éducatrices. Les femmes sont vraiment heureuses de pouvoir travailler et d’être financièrement autonomes.

Nous visitons les nouveaux centres infantiles, les potagers communautaires et nous rendons visite à quelques familles qui ont reçu un réservoir d’eau. Plus tard, les femmes qui ont obtenu un réservoir ou des semences, nous présentent leurs plus beaux légumes et fleurs. Après leur présentation, elles commencent à faire du commerce entre elles.
Pour plus d’informations sur le projet : https://www.niti.lu/nos-projets/en-bolivie/tirani-3-2/ et dans l’info 3/2019

Après une semaine très intensive, il est l’heure pour moi de retourner au Luxembourg chez ma famille et au travail : 4 vols, 25 heures de trajet et de masque et 6 heures de décalage horaire. Jean-Paul et Marco continuent leur voyage à Potosí pour visiter le nouveau projet avec l’organisation de Contexto.

Encore quelques observations qui m’ont touchée :

  • Lorsqu’on te sert à boire, le verre est toujours bien rempli, même si ce n’est que pour goûter;
  • Quand tu es invité à manger, tu reçois toujours plus que tu ne peux manger ;
  • Tout le monde porte du désinfectant autour du cou et en entrant dans un bâtiment, le paillasson est imprégné de désinfectant et une personne te désinfecte les mains ; le masque est obligatoire à l’extérieur ;
  • Quand il pleut un peu plus, beaucoup de rues sont bloquées, car le système de canalisation n’arrive pas à évacuer une masse plus importante d’eau ;
  • Le papier toilette est jeté dans la poubelle, car la canalisation se boucherait trop vite ;
  • Sur la télé bolivienne, on ne voit que des animatrices très minces avec une belle poitrine et des cheveux blonds ;
  • Dans les zones rurales, les femmes se regroupent naturellement entre femmes et les hommes entre hommes ;
  • Je ne vois pas de couple homosexuel, mais beaucoup de mamans mineures.

Julie Kipgen

Une rentrée scolaire particulière à Tirani en Bolivie

En février, la directrice de la Fundación Cristo Vive Bolivia nous écrit pour partager un moment de fierté et de joie : pour la rentrée scolaire (une vraie rentrée depuis le Covid 19), le Maire de la commune Cercado de Cochabamba a visité les crèches dans les communautés de Tirani. Il aurait choisi de visiter ces projets-là car il les estime particulièrement pour leur conception et leur engagement.

„Cet événement à Tirani a été un moment important car il montre une grande partie de ce qui a été réalisé au cours de ces années dans la communauté. Ce sont les leaders communautaires, les collègues de l‘équipe multidisciplinaire de tous les services et les éducateurs qui se sont battus pendant deux ans pour réaliser cet événement.

En Bolivie, il est très difficile pour une autorité de prendre un moment pour écouter le peuple et cet événement a permis à un groupe important d‘autorités municipales d‘entrer en contact direct avec les habitants et d‘écouter ses besoins (en dehors des périodes de campagne électorale).

Les autorités ressentent l‘affection et la gratitude de la population et ceci permet aux habitants d‘avoir plus tard la force et la confiance de se rendre dans les bureaux pour leur rappeler les engagements exprimés lors de la visite. L‘expression publique de divers engagements sera désormais le moteur qui permettra aux autorités communautaires d‘assurer le suivi et d‘exiger le respect de ces engagements.

A la fin de la visite, le Maire a été amené par nos éducateurs pour rejoindre le groupe et faire une belle photo.

Nous sommes certains que cet événement marquera une relation différente entre nos communautés et les autorités.
C‘est merveilleux d‘être témoin de la croissance des gens.“

MERCI DE FAIRE PARTIE DE CE PROCESSUS !

Mercedes Gutierrez Cuellar, directrice de la „Fundación Cristo Vive Bolivia“
Traduction Julie Kipgen

Notre aide COVID en Bolivie – très spécifique

Sie finden die deutsche Übersetzung dieses Artikels in INFO 4-2021 auf Seite 4


Au vu de la situation sanitaire alarmante et parfois catastrophique dans de nombreuses villes et régions de Bolivie, du Chili et du Pérou et de la situation sociale difficile d’une grande partie de la population, au début de la crise mondiale du COVID nous vous avons adressé un appel aux dons, cher lecteurs, afin de soutenir nos associations partenaires dans l’appui aux plus démunis et aux plus vulnérables. Entre autres, l’« Apoyo Abuelitas », un service de la Fundación Cristo Vive Bolivia pour les personnes âgées à faible revenu à Cochabamba, a été soutenu (en coopération avec Beetebuerg hëlleft).
Mme Rosario Soto Reguerin, qui s’occupe de ces personnes âgées, nous a envoyé le rapport suivant à la fin du mois de septembre de cette année :

Chers amis de NITI,
Je vous envoie un petit rapport et je vous remercie beaucoup pour le soutien de ces personnes âgées qui y voient une bénédiction du ciel. Un grand merci à toi Jean Paul, à tous les amis des NITI et de Beetebuerg hëlleft, aux sœurs Karoline et Mercedes, car ce sont des amis comme vous qui connaissent les besoins des gens ici en Bolivie et qui apportent une aide active. Merci à tous, je suis heureuse d’avoir participé à cette belle aventure de solidarité.
Cordialement, Rosario


RAPPORT DE M. BERNARDO CABRERA

Monsieur Bernardo, 62 ans, vit seul et utilise des béquilles parce qu’il a les pieds malades. Il ne peut que difficilement se déplacer, il n’a que des revenus minimes, sa dignité et la vente occasionnelle de sacs au marché du nord de la ville, où il habite également.

A sa demande, des sacs, des foulards et des flocons de chocolat ont été achetés.


Don Bernardo vend déjà ses produits et est très heureux et reconnaissant des revenus supplémentaires qui lui permettent de financer ses dépenses.

 

RAPPORT DE MME JULIA COLQUE

Señora Julia Colque, 64 ans, ne sait ni lire ni écrire. Son mari est décédé il y a 11 ans. Après s’être occupée seule de sa fille, elle prend soin actuellement de son petit-fils de 6 ans. Sa fille vit désormais avec un nouveau partenaire, avec qui elle a une fille et qui ne peut ni emmener ni héberger son fils célibataire.

En consultation avec Mme Julia, nous avons acheté 5 x 24 canettes de bière de malt sans alcool et des petits sacs.


Señora Julia est très reconnaissante pour les biens donnés, avec la vente desquels elle gagne son revenu.

 

RAPPORT DE MME FELICIDAD ZAMBRANA

Mme Felicidad Zambrana, 84 ans, vit seule et paie 350 boliviens de loyer (= 44,50 euros). Pour gagner sa vie, elle vend divers petits articles ménagers tels que des bols, des tamis, des entonnoirs, etc.

Señora Felicidad est très heureuse d’accepter le capital de la marchandise. Elle se plaint que ses filles ne pensent pas à elle et la soutiennent peu. Elle décrit les personnes et la Fundación Cristo Vive, qui lui apportent cette aide, comme sa vraie famille.

 

RAPPORT DE MME MATIASA
Señora Matiasa Orellana, 86 ans, est une grand-mère en fauteuil roulant qui vit avec sa nièce et vend des éponges et des allumettes aux paroissiens devant l’église tous les dimanches après la messe. Pour compléter les modestes revenus de sa „Renta Dignidad“ (pension d’État pour tous les boliviens de plus de 60 ans sans revenu propre), elle utilise son petit revenu supplémentaire pour pouvoir acheter du lait et des couches jetables.

Mme Matiasa est très heureuse de recevoir la livraison d’allumettes et d’éponges, car elle peut utiliser les recettes pour mieux répondre à ses besoins quotidiens.

 


Les dépenses pour les achats décrits ci-dessus s’élevaient de 400 à 500 bolivianos (50 à 62 euros) chacun.

 


Au nom de tous les bénéficiaires, chers donateurs,

nos sincères remerciements !

Ergebnisse der externen Evaluation unseres Schulprojektes in KORIHUMA

Vous trouvez la traduction du présent article dans notre INFO 4-2021 en page 4

Gemeinsam mit unserem Partner ANAWIN in Bolivien konnten wir (2017-2021) das kofinanzierte Projekt „Stärkung der Gesamtentwicklung von Schülern und Schaffung eines Ressourcenzentrums für psychopädagogische Unterstützung an der Nuevo Amanecer Schule in Korihuma2 – Sacaba “ durchführen. Dieses Projekt zielte darauf ab, den Schülern den Erwerb kognitiver Fähigkeiten sowie sozialer und emotionaler Fähigkeiten durch den Unterricht, aber auch durch die angebotenen „alternativen Fächer“ Theater, Tanz, Musik, Malerei etc. zu ermöglichen. Eine weitere Säule bildete die Lehrerausbildung, psychologische Unterstützung und die Integration von Kindern mit besonderen Bedürfnissen. Auch die Eltern waren Teil des Projekts, da sie aktiver am Alltag ihrer Kinder teilnahmen. In der Zeit der Pandemie waren die Schulen geschlossen, und unsere Partnerorganisation ANAWIN hatte die geniale Idee, ein Radiostation zu installieren und einen grossen Teil des Unterrichts über dieses Medium zu führen (denn die meisten Schüler haben weder Internet noch Computer).

Wie bei diesem, vom luxemburgischen Ministerium für Zusammenarbeit kofinanzierten Projekt geplant, hat ANAWIN einen externen Evaluierungsberater beauftragt, die Ergebnisse und Auswirkungen des Projekts zu analysieren. Die Bewertung erfolgte durch Sichtung von Dokumenten, Beobachtung und Befragung der Begünstigten (Schüler, Lehrer, Eltern, Behörden) etc. Ziel war es, Stärken und Schwächen zu erkennen, um zukünftige Projekte zu optimieren.

Die Bewertung gliederte sich in drei Teile:

– Feststellen, ob die Durchführung der während der drei Projektjahre durchgeführten Aktivitäten mit den zu Beginn des Projekts festgelegten Ergebnissen und Indikatoren übereinstimmt.

– Analyse der Effektivität, Effizienz, Relevanz, Wirkung und Nachhaltigkeit des Projekts für die Zielgruppe.

– Bewährte Verfahren und Erfahrungen aus dem Projekt identifizieren und Empfehlungen für die Durchführung zukünftiger Projekte geben.

Aus der folgenden zusammenfassenden Tabelle ist ersichtlich, dass dieses Projekt mit hervorragenden Ergebnissen abgeschlossen wurde. Alle Bewertungskriterien werden als „sehr zufriedenstellend oder sogar ausgezeichnet“ bewertet:

Bewertungskriterien            erzielte Werte (1 – 5)
Relevanz                              4.8
Wirkungsgrad                      4,7
Effizienz                               4.5
Wirksamkeit                         4,5
Nachhaltigkeit                      3,9

Auch wenn das Projekt somit zur Zufriedenheit aller durchgeführt wurde, können/sollten aus der Evaluation des Projektes einige Lehren gezogen werden:

– Die wirtschaftliche Lage oder die COVID-Krise waren keine Hindernisse für die Erzielung positiver Ergebnisse, vorausgesetzt, das technische Team und die Geschäftsleitung bemühen sich, Alternativen für die Bevölkerung zu suchen und zu finden.

– In der Krise zeichnen sich die kreativen Fähigkeiten jedes Menschen ab, sich schwierigen Situationen zu stellen.

– Es ist besser, Maßnahmen mit Teilnehmern zu entwickeln, die ihre Ausbildungsbedingungen und -niveaus verbessern möchten.

– Anzumerken ist, dass die Teilnahmebereitschaft der Lehrkräfte in Abhängigkeit von verschiedenen Faktoren variiert und vor allem die Sekundarschullehrer gegenüber Änderungen ihrer Gewohnheiten eher zurückhaltend waren.


– Für zukünftige Projekte wird es notwendig sein, dies zu berücksichtigen und nur diejenigen Komponenten in das Projekt zu integrieren, die qualitativ hochwertige Ergebnisse liefern können.

– Die Bearbeitung von Studierendenakten/Daten ist ein Vorgang, der viel Ernsthaftigkeit und besondere Aufmerksamkeit erfordert, da es sich um psychosoziale Probleme und Minderjährige handelt.

– Bei der Planung und Durchführung der Aktivitäten muss die Qualität der Prozesse und der Ergebnisse für die Nachhaltigkeit des Projekts berücksichtigt werden.

So können wir stolz auf die Arbeit unseres Partners ANAWIN sein, der über viel Know-how und eine sensible und menschliche Herangehensweise in seinen Interventionen verfügt.

Zusammenfassung der externen Evaluation: Julie Kipgen
Fotos: Verónica Gonzales und Casta Céspedes ANAWIN Oktober 2021