Assemblée Générale annulée

Chers amis et sympathisants de NIÑOS DE LA TIERRA anc. Chiles Kinder:

A la suite de la pandémie COVID-19 le Conseil d’Administration de Niños de la Tierra asbl. est au regret de devoir annuler son

Assemblée Générale ordinaire 2020

prévue pour jeudi, 26 mars 2020 à Bettembourg

et de la reporter à une date ultérieure.

La route critique que doivent suivre les Boliviens

Historique et analyse des troubles en Bolivie
par Rodrigo Aramayo, directeur de notre ONG partenaire ANAWIN, Cochabamba

Après 14 ans de relative stabilité sociale, politique et économique, la Bolivie est bouleversée et au bord du chaos depuis le jour des élections. La question qui se pose: quel est vraiment le facteur qui a déclenché cette confrontation?
Compte tenu de ces 4 semaines, le 20 octobre ont eu lieu les élections nationales pour élire le président, le vice-président et les parlementaires. Cette même nuit, lors du dépouillement du scrutin, le corps électoral a ordonné la coupure de la transmission publique des résultats. A ce moment, après que 85% des bulletins étaient dépouillés, l’écart entre le président sortant/candidat indigène Evo Morales et le candidat de centre-droite Carlos Mesa s‘élevait à 4%. Au cas où ce résultat serait définitif, conformément à la Constitution de l’État, il faudrait procéder à un deuxième scrutin entre les deux candidats. Il était clair qu’alors tous les fronts s’uniraient contre Morales, menant Mesa à la présidence. Le lendemain, lorsque la transmission a repris, l’écart est passé à plus de 10% et Evo Morales a été proclamé vainqueur et président de l’État plurinational de Bolivie pour un nouveau mandat de 2020-2015 et qui devrait débuter le 22 janvier.
A partir de ce moment, c’est une autre histoire. Face à l’appel à la résistance et aux allégations de fraude de Carlos Mesa, les principales villes de Bolivie ont réagi en mobilisant les secteurs de la classe moyenne. Santa Cruz, principal centre économique du pays, prend le relais des mouvements civiques qui se généralisent rapidement dans les villes, la stratégie est de paralyser toutes les activités publiques, privées, commerciales en élevant des barricades dans les rues défendues par les citoyens pour bloquer avec force toute circulation et tous les moyens de transport aussi bien dans les zones centrales que résidentielles. Dans les secteurs populaires et périphériques pourtant, on remarque que les activités se poursuivent normalement, premier symptôme que le mouvement de rejet d’une éventuelle fraude a des teintes classistes. Immédiatement, le gouvernement annonce un accord avec l’OEA (Organisation des États américains) pour auditer les résultats des élections dans les 10 jours, précisant qu’en cas de panne informatique, il accepterait le scrutin, accord qui n’arrête pourtant pas les mobilisations. Les jours qui suivent, les protestations deviennent plus radicales, on parle déjà de démission et de nombreux groupes de jeunes sur les motos et les VTT apparaissent dans les rues avec des attitudes qui dénotent une plus grande agressivité, attaquant et incendiant les bureaux du corps électoral. Ces groupes sont chargés de protéger les barricades qui se multiplient à chaque recoin des centres urbains résidentiels. Dans ce scénario de répudiation de la classe moyenne, les réseaux sociaux deviennent le meilleur moyen de communication et de diffusion de messages à fort contenu raciste et appellent à maintenir la résistance jusqu’à la démission du président indigène.

Partisans du candidat de droite Carlos Mesa brûlant des bulletins de vote à La Paz

Entretemps les organisations sociales indigènes et les zones populaires urbaines réagissent avec des marches de masse pour défendre Evo Morales et le gouvernement en insistant sur le respect du vote rural et la légalité du nouveau mandat. Ainsi ont lieu les premiers affrontements entre ces deux groupes à Santa Cruz, Cochabamba et La Paz, avec un bilan de 3 morts et des centaines de blessés. La police fait des efforts tièdes pour calmer les esprits mais finalement elle ne cherche qu’à protéger les quartiers résidentiels contre d’éventuels actes de vandalisme face à la panique générée par les messages alarmistes qui se produisent sur les réseaux sociaux.
Le 10 novembre, un événement majeur déstabilise le gouvernement jusque-là fort d’Evo Morales: l’émeute policière de Cochabamba qui se propage rapidement dans tout le pays. Les forces armées qui jusqu’à présent ont maintenu leur position de ne pas descendre dans la rue pour faire face au peuple recommandent au président de démissionner.
Le même jour, le président déclare que les examinateurs de l’OEA ont constaté des irrégularités dans le processus électoral. Il annonce immédiatement de nouvelles élections avec de nouveaux acteurs qui se tiendraient le 15 décembre. Dans l’après-midi, le président Morales qui se trouvait dans la région tropicale de Cochabamba, le principal bastion du MAS (Mouvement vers le Socialisme), proclame que le coup d’État de la police a été lancé avec l’ingérence directe de l’extrême droite internationale et démissionne, de même le vice-président Álvaro García Linera. Le lendemain, le gouvernement mexicain lui envoie un avion et il part en exil.
Le lundi 11 novembre, devant le vide du pouvoir, la deuxième vice-présidente du Sénat représentant l’un des partis de la droite radicale se proclame présidente par intérim de la Bolivie, dont le mandat a pour seule mission d’organiser de nouvelles élections et qui prendrait fin le 22 janvier 2020.
Logiquement, l’euphorie se déchaîne dans les villes, ce sont les classes moyennes qui ont «renversé le dictateur», les héros sont les policiers qui descendent et brûlent le drapeau multicolore (whipala), symbole des peuples indigènes et les jeunes à moto habillés en costumes de combat au meilleur style des groupes radicaux défilent dans les rues.
La réaction des adeptes de Morales, beaucoup plus nombreux qu’on ne le pensait, est immédiate. Les premiers à payer les conséquences de leurs actions sont la police, plusieurs unités de police sont en feu. Les classes moyennes des villes qui avaient été les protagonistes de la panique du renversement, les mêmes réseaux sociaux qui appelaient auparavant à la résistance, sont maintenant responsables de la diffusion de messages alarmistes qui annoncent l’avance des indigènes vers les villes. C’est dans ce contexte que le vendredi 15, une marche massive des producteurs de coca de Chapare, le secteur le plus fidèle à Evo Morales arrive à Sacaba, qui est la porte d’entrée de la ville de Cochabamba. Ils sont attendus par la police d’élite et les forces militaires qui avaient été préalablement autorisés par la présidente Jeanine Añez à réprimer avec armes toute mobilisation provenant des secteurs qui soutiennent le président déchu. Il y a une confrontation sérieuse à 10 km de la ville. Le résultat : 9 paysans tués par balles de gros calibre et plus de 200 blessés. Pas de victimes de la police et de l’armée. Ces décès provoquent l’indignation et la colère des Indiens Quechua et Aymara qui se sentent discriminés et humiliés en raison de leur statut indigène. La police qui, quelques jours auparavant, avait protégé les habitants rebelles de la ville, attaque maintenant les paysans qui n’acceptent pas le nouveau gouvernement.

Indigènes réclamant la fin des excès de la police


Les organisations autochtones comprennent maintenant que la lutte est basée sur la classe et la couleur de la peau. Le détail le plus frappant est que même les secteurs de l’intelligentsia et de la gauche démontrent que leur appartenance sociale a plus de poids que les théories libératrices.
En cette quatrième semaine qui commence, les positions se radicalisent de plus en plus, même avec l’arrivée des médiateurs des Nations Unies et d’autres pays de l’Union Européenne, il n’est pas possible d’établir un scénario de dialogue.
Que s’est-il passé? Comment Evo Morales est-il tombé brutalement à l’automne, alors qu’en 14 ans de gouvernement il avait généré une large base sociale, à partir de politiques inclusives, de croissance économique, de conquêtes sociales et d’autres réalisations qui ont amélioré la qualité de vie des Boliviens, surtout de ceux qui étaient historiquement marginalisés.
De notre perception, l’erreur fatale était de vouloir rester au pouvoir au-delà de ce que la constitution de Morales lui-même promulguait. Le référendum de 2016 a dit «NON» au projet d’amendement constitutionnel pour permettre au président ou au vice-président de l’État bolivien de se présenter pour une troisième réélection. Néanmoins, faire appel à un droit de l’homme l’a forcé à participer à ces élections. La goutte qui a fait déborder la patience des classes moyennes étaient des allégations de fraude électorale, provoquant une flambée sociale effrénée. Il aurait mieux fait terminer son mandat constitutionnel et laisser un autre membre de son parti occuper ce poste. Même sachant que cette élection porterait le gouvernement plus à droite, il aurait pu être certain que l’opposition n’oserait pas modifier les politiques économiques et sociales, reconnues comme réussies et inclusives. Il serait sorti par la grande porte comme l’un des plus grands présidents de l’histoire bolivienne, avec la certitude que dans cinq ans il serait de retour.
Le plus douloureux est qu’un processus qui a encore un long chemin à parcourir a été tronqué. Pour l’instant, l’affaiblissement des liens de coexistence entre les Boliviens est l’un des faits les plus inquiétants et les plus tristes que la longue crise politique que traverse le pays nous laisse. Il semble que chaque groupe soit ancré dans ses certitudes et préjugés sans chercher à comprendre les idées ou les raisons de ceux qui sont considérés comme différents.
Un autre élément qui ne peut être négligé pour comprendre la chute du gouvernement MAS est l’ingérence extérieure des groupes de pouvoir, aussi bien du nord (les USA) que nos voisins qui ont opté pour des gouvernements d’extrême droite. Dans l’analyse chronologique des événements, il est clairement démontré comment les différents secteurs agissent de manière synchronisée, les dirigeants civiques, la police, l’apparition organisée de groupes parallèles à la police.
Comment sortir de ce conflit? Les spécialistes de la gestion des conflits soulignent que la première étape pour les résoudre est de construire une image partagée du problème. Autrement dit, se mettre d’accord sur au moins les raisons des uns et des autres. Et à partir de cette mosaïque essayer d’y mettre de l’ordre et trouver les accords minimaux qui nous mènent au bout du tunnel. Mais pour cela, il est nécessaire de dialoguer.
L’augmentation de la tension actuelle pourrait s’expliquer dans une certaine mesure par l’incapacité des dirigeants à discuter ensemble leurs points de vue divergents sur les conflits qui nous ont conduits à l’impasse. La société attend toujours ce simple geste de ses dirigeants.
Il est clair qu’aucune issue ne peut être trouvée sans que les acteurs impliqués acceptent non pas une vision commune du problème, mais certaines procédures qui aident à canaliser et à résoudre pacifiquement les différences. Cela semble inévitable, car aucun des blocs en conflit n’a la capacité de trouver une solution. Nous sommes obligés de vivre ensemble, même si nous avons une profonde méfiance ou un malentendu entre nous, et cela ne peut se faire que par le dialogue face à face.

Cochabamba, 18 novembre 2019
Rodrigo Aramayo M.
Anawin

COMPTE RENDU DE LA 32e ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE NIÑOS DE LA TIERRA a.s.b.l. (anc. CHILES KINDER a.s.b.l.) 26 mars 2019

1. ALLOCUTION DU PRÉSIDENT

Monsieur Marco Hoffmann souhaite la bienvenue à 35 personnes parmi lesquelles Monsieur Laurent Zeimet, bourgmestre ; Madame Josée Lorsché, échevine; Messieurs Claude Fournel, Guy Frantzen, Patrick Hutmacher et Jean-Marie Jans, conseillers; Monsieur Fernand Huberty, vice-président de « Beetebuerg hëlleft ».
(excusés: Madame Christine Doerner, échevine; Monsieur Gusty Graas, échevin; Monsieur Roby Biwer, conseiller; Madame Sylvie Jansa, conseillère; Tania et Guy Mangen-Carrier, collaborateurs.)

Le président parle d’une année de transition 2018 : festivités 30e anniversaire en 2017 – travail en 2018 avec nouvelle réglementation pour la soumission des projets auprès du ministère – maximum 4 projets par an. Année de transition également au niveau du poste de permanent: Kim Nommesch s’est décidée de faire partie du conseil d’administration. Le travail de projet intense est désormais assuré par notre nouveau permanent : Carmen Albers. Tous ces changements exigent –après un voyage de projet en 2018- un autre voyage en 2019.

Le président pense aussi à son fils David rentré en juillet 2018 après une année inoubliable de volontariat au Chili, et parle de reconnaissance des parents pour le soutien. Marco Hoffmann remercie les dirigeants politiques et les services communaux de la Commune de Bettembourg de l’aide financière et logistique ainsi que « Beetebuerg hëlleft » de l’appui financier régulier pour divers projets. Il remercie également les membres du Conseil d’administration, et souligne le bon travail réalisé dans les sous-groupes « projets et public relations », dans le domaine du secrétariat et comptabilité-finances. Un grand Merci à tous les donateurs qui permettent à l’ONG de réaliser chaque année des projets pour une somme de plus de 500’000€.

Le président fait penser à Jean Wagner, décédé à l’âge de 69 ans. Il fut cofondateur de notre ONG et était membre du conseil d’administration pendant plusieurs années. Il demande à l’assemblée de se lever et d’observer une minute de silence.

2. APPROBATION DU PROCES-VERBAL DE L’ASSEMBLEE GENERALE 2018
Approbation du rapport par applaudissement.

3. RAPPORT D’ACTIVITÉ présenté sous forme de slideshow par Rose Ludwig-Bohler, secrétaire.

4. RAPPORT FINANCIER présenté par Jean-Paul Hammerel, trésorier.
Il remarque que chaque don est investi dans les projets. Un subside est accordé par «Beetebuerg hëlleft», «Diddeleng hëlleft», la commune de Beckerich, les communes de Bettembourg et Echternach (subside pour la visite des élèves de l’EPA).

Monsieur Hammerel donne des explications sur les projets cofinancés par l’Etat et sur les projets non cofinancés, de même que sur le cofinancement des projets par le ministère.

Un examen des comptes annuels a été effectué par la Fiduciaire Kohn Révision sarl. Une comptabilité double est demandée par le Ministère pour toutes les ONG qui touchent plus de 100’000€ par an pour les projets.

5. Madame Michèle Biwer et Madame Lolo Reding, REVISEURS DE CAISSE, ont contrôlé les bilans. Elles félicitent le trésorier de la bonne tenue des finances et prient l’assemblée de lui donner décharge.

6. Par applaudissement le rapport de caisse et le rapport d’activité sont approuvés par l’assemblée.

7. Les mêmes REVISEURS DE CAISSE Mesdames Michèle Biwer–Erpelding et Lolo Reding sont désignées par l’Assemblée pour l’année 2019.

8. La COTISATION (10 €) reste inchangée.

9/10. Le chef de PROJETS Jean-Paul Hammerel donne des explications sur les projets actuels et futurs. Il espère que le nouveau projet « Tirani III » sera accepté pour cofinancement par le ministère fin du mois de mars.
Ensuite il fait un reportage-photo sur le voyage de projets en Bolivie en avril 2018 : voyage pour explorer la situation avec nos partenaires sur place.

11. DIVERS
Monsieur Laurent Zeimet, bourgmestre, prend la parole et remarque que la présence d’un si grand nombre de conseillers montre que le conseil communal est solidaire avec l’ONG « Niños de la Tierra » qui établit un pont entre le conseil et les peuples en Amérique du Sud. Les membres du conseil font preuve de solidarité en travaillant avec ceux qui ont besoin d’aide.
Le bourgmestre remercie l’ONG qui, depuis plus de 30 ans, porte une image positive dans le monde. Il explique que « Beetebuerg hëlleft » fêtera son 30e anniversaire le 22 octobre 2019 dans la salle de fêtes du Château de Bettembourg, Niños de la Tierra faisant aussi partie de Bh. Pendant le « Wantermaart », on envisage de sensibiliser les gens lors d’une action de solidarité. Monsieur Zeimet affirme que l’ONG a laissé des traces pas seulement en construisant des bâtiments, mais en touchant le cœur de ceux qui profitent de notre aide.

La soirée se termine par un pot de l’amitié offert par Niños de la Tierra.


Le CONSEIL D’ADMINISTRATION a été élu pour deux ans en mars 2018, il est au nombre de 15. Répartition des charges du conseil d’administration dans la réunion du 5 avril 2019:
Marco Hoffmann (président), Gaby Stoos (vice-présidente), Rose Ludwig-Bohler (secrétaire), Jean-Paul Hammerel (trésorier), Georges Ludwig (trésorier adjoint),
Julie Kipgen, Marie-José Kohn-Goedert, Marcel Kohn, Kim Nommesch, Michel Schaack, Fernande Schaack-Rasquin, Axel Schneidenbach, Claude Schweich, Yvette Schweich-Lux, Gaby Wewer (membres)


Carmen Albers, permanent de notre ONG depuis août 2018.
Collaborateurs réguliers :
Ruth Hoffmann-Muhlpfordt, Tania Mangen-Carier, Guy Mangen, Claire Zimmer

Rose Ludwig-Bohler avril 2019

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

Niños de la Tierra a.s.b.l.

invite tous ses donateurs et sympathisants

à son

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

mardi le 20 mars 2018 à 20.00 heures

à la Boutique du Monde 42, route de Mondorf Bettembourg

Ordre du jour :

– allocution du président
– approbation du procès-verbal de l’assemblée générale 2017
– rapport d‘activités
– rapport financier
– rapport des réviseurs de caisse
– approbation des rapports
– désignation des réviseurs de caisse
– fixation de la cotisation
– élection du comité : tous les membres du conseil sont rééligibles
– projets actuels et futurs
– compte-rendu d’une année de volontariat en Bolivie
– divers

Le Conseil d’Administration de Niños de la Tierra a.s.b.l.

De nouvelles perspectives pour six communautés mapuche

Du 12 au 16 novembre 2017 notre collaboratrice indépendante Kim Nommesch séjournait à Temuco au Chili pour le suivi de notre projet „Renforcement de six organisations communautaires mapuche et de leur sécurité alimentaire dans la commune de Vilcún 2016-2019“ avec notre partenaire local FUNDECAM. Voici ses impressions et son évaluation du projet et de la situation actuelle en territoire mapuche.

Vers la fin de l’année passée, FUNDECAM (Fondation pour le développement des petits paysans) a initié un nouveau projet avec le soutien de Niños de la Tierra (NITI) – et donc avec votre soutien! Notre partenaire FUNDECAM s’est engagé depuis de nombreuses années en faveur des petits paysans ma­puche qui vivent en milieu rural.

Aujourd’hui, 10% de la population du Chili s’identifie comme indigène, le plus grand groupe étant les personnes d’origine mapuche. La majorité vit en ville, mais environ 30% vivent dans les zones rurales dans des conditions de vie difficiles. Les responsables politiques aiment souligner que le Chili est aujourd’hui un pays « riche » et sont fiers d’être Etat membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais le succès économique n’atteint qu’une partie très minoritaire des habitants – le niveau d’inégalité des revenus reste un des plus élevés au monde.
Depuis la fin de la dictature, le gouvernement a introduit des mesures di­verses destinées aux personnes indigènes telles que des bourses d’études ou des dispositions pour faciliter la récupération de leurs terres. Or, l’accès à ces aides est difficile, en raison des obstacles du système bureaucratique, du manque d’information des groupes cibles mais aussi en raison des attitudes racistes persistantes à l’encontre des personnes d’identité mapuche.

Un meilleur avenir à travers l’autonomisation et la cohésion sociale
Les efforts conjoints de FUNDECAM et de NITI ont pour objectif d’offrir de nouvelles perspectives aux membres des communautés. Il s’agit de favoriser l’autonomie des bénéficiaires en facilitant l´accès à l’information et en renforçant les compétences sociales et productives. Le projet se déroule dans six communautés de la municipalité de Vilcún (au Sud, près de Temuco). Lors de réunions et d’ateliers réguliers, les responsables de FUNDECAM discutent avec les membres de la communauté sur leurs droits en tant qu’indigènes, sur les défis personnels et structurels des bénéficiaires ainsi que sur les pratiques culturelles, les traditions culinaires et les méthodes de production tradition­nelles qu’il s’agit de raviver et de conserver. Les sujets de discussion sont définis de manière participative: les connaissances sont acquises et les lignes de conduite sont mises au point grâce au dialogue.

L´équipe de FUNDECAM devant ses bureaux à Temuco

Complémentairement, FUNDECAM a introduit un fond de roulement: des micro-crédits sont alloués aux bénéficiaires sur demande pour réaliser des investissements qui leur permettent d’assurer la sécurité alimentaire et d’augmenter leurs revenus. Ces crédits sont remboursables à moitié. Les montants sont investis par exemple dans l’achat de bétail, la mise en place d’enclos ou l’achat d’outils, tels qu’une machine à coudre. À côté de l’effet économique, un effet social se produit aussi: les bénéficiaires se réunissent plus régulièrement (ce qui est malheureusement de moins en moins le cas dans les communautés) et discutent pour décider en commun des modalités de gestion du fonds et son administration.

Avec l’aide de FUNDECAM, ils renforcent de cette manière leurs capacités de gestion puisqu’il faut comparer les prix pour trouver la meilleure offre, réaliser l’achat, demander des factures etc. Une ou plusieurs personnes sont chargées de réunir les sommes remboursées et de mettre l’argent sur un compte bancaire pour assurer la transparence du processus. Souvent, les bénéfi­ciaires hésitent à faire des démarches officielles, en raison des attitudes racistes auxquelles ils sont confrontés. Ainsi, certains d’entre eux sont entrés pour la première fois dans une banque et cette expérience a créé un effet multiplicateur positif : une prochaine fois ils hésiteront moins et se sentiront plus à l’aise en face des employés.

Rencontre avec l‘intendante de la région La Araucania, une ancienne collaboratrice de FUNDECAM, et quelques dirigeants locaux

 

Rencontres sur le terrain
Sur demande de NITI, j’ai rencontré deux communautés lors de la visite de suivi à savoir „Juan Ancamil“ et „Juan Segundo Mariluan“. La première est dirigée par une femme très engagée, la deuxième par un dirigeant qui exerce sa fonction depuis de nombreuses années. Dans cette dernière, ainsi que dans les autres communautés du projet l´accès à l´eau constitue un problème majeur. Quand le printemps s’annonce, les réserves d’eau s’épuisent et les habitants dépendent de la municipalité qui fournit en camion-citerne 500 litres d’eau par semaine et par ménage.

La communauté mapuche „Juan Ancamil“

Dans toutes les communautés le nombre de femmes qui participent aux réunions est significativement plus élevé que celui des hommes. Ceci s’explique par le fait que les hommes partent au nord du pays pour y gagner de l’argent en tant que travailleurs saisonniers par exemple dans les plantations de fruits.

grands-parents avec leur petite-fille – bénéficiaires du projet – après la réunion de la communauté „Juan Segundo Mariluan“.

L’accès à la terre est le sujet prédominant dans toutes les discussions, indépendamment de la communauté. À la fin du 19e siècle, l’Etat chilien a en effet pris possession de vastes régions du territoire ancestral des indigènes. Les terrains ont été attribués à des colons majoritairement d’origine européenne, surtout à des allemands et des suisses. Le
peuple mapuche a continué la lutte pour récupérer ses terres jusqu’à ce jour. La discussion sur la relation avec les populations indigènes envenime toujours le pays.

Vous entrez en territoire Mapuche

Les différentes options pour aborder la cause mapuche a aussi créé des controverses dans les débats sur les élections présidentielles (le premier tour a eu lieu le 19 novembre)Dans ces conditions, FUNDECAM s’efforce à renforcer les connaissances sur les droits et les devoirs des personnes d’identité mapuche, le fonctionnement des institutions, surtout. Parallèlement, la fondation souligne le passé, l’histoire du peuple mapuche, son identité et ses pratiques traditionnelles, surtout les méthodes qui se sont avérées durables pour améliorer la production agricole.

Graffiti sur un mur à Temuco: „Aucun propriétaire n‘est victime“, inscription faisant référence aux conflits concernant l‘accès aux terres

En effet, dans un contexte d’oppression de longue date et aux visages multiples, il faut comprendre qu’il ne suffit guère d’introduire de nouveaux subsides et de nouvelles procédures administratives (et bureaucratiques). Pour améliorer les conditions de vie, renforcer la cohésion sociale et créer plus de justice au niveau de l’accès aux terres, il faut prendre en considération le côté culturel et historique, il faut améliorer les compétences sociales et l’information sur les droits, tout cela pour stimuler une transformation sociale et économique durable.

Kim Nommesch

photos: Kim Nommesch

Aide précieuse pour le CENTRO HOGAR SONQO WASI à Cusco/Pérou

C’est avec grande joie et reconnaissance que Niños de la Tierra vous fait part d’une aide très précieuse pour le foyer d’accueil pour femmes en détresse et leurs enfants de notre partenaire FUNDACION CRISTO VIVE PERU (FCVP) à Cusco.

En effet, un don de 20.000.- euros en mémoire de feu Madame Yvette Wirth nous est parvenu, destiné justement à garantir en cette année 2017 le bon fonctionnement de ce centre.

Nous rappelons que cette institution a été fondée il y a 10 ans par la FCVP. Deux projets de Niños de la Tierra asbl., cofinancés par le Ministère de la Coopération luxembourgeoise, ont permis de financer la construction du nouveau centre d‘accueil et les frais de fonctionnement jusqu‘en 2016. Pour pouvoir garantir une aide continue à quelques 45 femmes et 90 enfants, la FCVP dépend actuellement uniquement de fonds privés étrangers – allemands, suisses et luxembourgeois – le soutien financier par les autorités publiques péruviennes étant très bureaucratique pour ne pas dire inexistant pour le moment.

Lors de notre visite en novembre 2016, nous avons de nouveau pu apprécier l’excellent travail réalisé et la nécessité absolue de continuer notre soutien financier à court et moyen terme.

C’est donc dans cet ordre d’idées que nous sommes très reconnaissants envers la famille de Mme Yvette Wirth, dont la mémoire est ainsi perpétuée.
Jean-Paul Hammerel

GENERALVERSAMMLUNG 2017

Niños de la Tierra a.s.b.l. invite tous ses donateurs et sympathisants à son

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

jeudi le 30 mars 2017
à 20.00 heures

à la Boutique du Monde
42, route de Mondorf
Bettembourg

Ordre du jour :

1. Allocution du Président
2. Rapport d’activités
3. Rapport financier
4. Rapport des réviseurs de caisse
5. Approbation des rapports
6. Désignation des réviseurs de caisse
7. Fixation de la cotisation
8. Election du comité
9. Nos activités futures
10. Reportage: Visite des projets en Bolivie et au Pérou 2016
11. Divers et pot de l’Amitié

Le Conseil d’Administration de Niños de la Tierra a.s.b.l.

Mon expérience au sein du projet Trabajo Digno

Je m’appelle Edson Eduardo Silvestre Mamani, et je suis étudiant à l’Institut Technologique Sayarinapaj (Bella Vista-Cochabamba) en 5ème semestre d’éducateur. J’ai intégré l’équipe du projet Trabajo Digno en septembre 2016 en tant que stagiaire, avec une grande envie d’apprendre de nouvelles choses intéressantes. J’ai reçu du soutien et j’ai acquis de nouvelles connaissances. J’ai par exemple rencontré différents types de personnes  que nous avons appuyées: des professionnels, des étudiants, des femmes au foyer, des pères de famille, des personnes en situation de handicap, des mineurs en désavantage social et des migrants venant de la campagne.

Un aspect important lors de la recherche d’un emploi digne est la préparation des participants. J’ai appris à accompagner une personne dans sa recherche, à réaliser une analyse des offres d’emploi et à faire la différence entre des emplois corrects et incorrects. Un emploi dit correct doit assurer la couverture des besoins primaires d’une personne et générer suffisamment d’argent pour vivre dignement.  En Bolivie, beaucoup d’entreprises ne respectent pas les normes établies : De cette façon, une personne doit pouvoir bien analyser les annonces dans les journaux pour déceler les offres d’emploi qui sont correctes et qui correspondent à sa recherche.

Pendant mon stage, je me suis rendu compte que de plus en plus de personnes qui s’adressent au projet pour la recherche d’un emploi comptent sur un revenu « extra », un poste de vente ou un petit commerce familier qui leur permet de correctement vivre.

Un autre domaine qui m’intéresse beaucoup est celui de la justice. Le projet accompagne de manière transparente les participants qui sont en difficulté au sein de leur travail et leur enseigne les lois et leurs droits. Un grand avantage est que les personnes qui n’ont pas les moyens financiers nécessaires peuvent profiter de l’avocat spécialisé en droit du travail. Ce dernier les informe et les oriente de manière généreuse, honnête et gratuite. Ceci est un domaine du projet très intéressant et fortement sollicité.

J’ai accompagné le projet Trabajo Digno jusque fin janvier 2017. C’était pour moi une expérience  très enrichissante, puisque j’ai pu faire la connaissance des participants et de leurs motivations. J’ai été impressionné par la diversité des personnes qui passaient par le projet, qui nous expliquaient leurs expériences de travail, leurs objectifs et qui souvent nous racontaient leur vie.

Traduction de l’espagnol: Julie Kipgen

Edson a appuyé le projet Trabajo Digno de septembre à octobre 2016 en tant que stagiaire, et d’octobre 2016 à janvier 2017 en tant que volontaire. Il accompagnait en premier lieu les personnes dans la recherche d’un travail digne, domaine où il a remplacé de manière efficace notre assistante sociale lors de ses vacances. Aussi, il assistait notre avocat dans les démarches légales et notre psychologue dans l’organisation de workshops sur le bien-être au travail.

Edson a fait preuve d’une grande motivation et d’un dynamisme extraordinaire, et on le félicite pour son excellent travail.

En mémoire du Père Jean Claessen

Nous nous souvenons avec beaucoup d’émotion du Père belge Jean Claesen, décédé le 7 février 2017 à l’âge de 89 ans.
En 1993, Padre Juan a créé la Fondation Nidelbarmi qui vise à apporter un soutien scolaire aux enfants des quartiers miniers de Potosi et des faubourgs d’El Alto. „Etudier en jouant“, telle a été la clef de la démarche du Père Jean et de son équipe.

De 2007 à 2009, avec le soutien de H.E.L.P.1 , nous avons pu l’aider (à travers un projet cofinancé par le Ministère de la Coopération luxembourgeoise), à entretenir six centres d‘appui scolaire à Potosi et cinq à El Alto. A Potosi plus de 900 enfants, adolescents et jeunes adultes de 6 à 20 ans ont ainsi pu profiter de l’appui scolaire proposé par Nidelbarmi, à El Alto on comptait 600 personnes s’efforçant à consolider ce qu’elles avaient appris à l’école.

Le Père Jean a bien des mérites concernant le progrès de l’éducation en Bolivie, l’un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine.

Le Père Claessens a été et inhumé à El Alto en Bolivie au milieu de ceux qu’il aimait tant. Qu’il repose en paix !

M.S.

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1 H.E.L.P. asbl. est l’œuvre caritative du Lycée Classique d’Echternach